J’ai débarqué sur l’île de Siquijor un matin de janvier, les jambes encore molles après 50 minutes de ferry depuis Dumaguete, avec pour seul plan de louer un scooter et de foncer vers les chutes de Cambugahay. Sur le port, personne ne m’a réclamé de taxe d’entrée ; c’était avant février 2026, date à laquelle une taxe écologique touristique de 200 pesos (environ 2,90 €) a été instaurée pour chaque visiteur. Aujourd’hui, débarquer sur cette île des Visayas implique ce petit surcoût, mais aussi la promesse d’un voyage où tout reste accessible à condition d’avoir les bons horaires. Je vous livre ici tout ce que j’ai appris sur place, des pièges de la cascade la plus célèbre aux réalités tarifaires des sanctuaires marins.
Arriver à Siquijor : le ferry, les ports et la première impression
La porte d’entrée classique, c’est le port de Dumaguete, sur l’île de Negros. La compagnie Oceanjet assure cinq rotations par jour : 7h20, 9h40, 12h20, 14h40 et 17h. La traversée dure 50 minutes, moitié moins que ce qu’on lit parfois sur des blogs anciens qui confondent avec l’ancien slow ferry. J’ai réservé mon billet la veille au guichet du terminal, 15 minutes avant le départ, mais en haute saison mieux vaut anticiper de 24 heures.
À l’arrivée, le terminal de Siquijor (ville) surprend par son absence totale de distributeur de billets. Les pesos philippins sont indispensables. J’ai dû attendre qu’un tricycle me conduise à San Juan, à 8 km, pour trouver un ATM. Le terminal fee de 25 à 30 pesos, lui, se paie uniquement au port de départ, pas à l’arrivée.
Dumaguete, Liloan, Tagbilaran : tous les accès maritimes
Moins connue, la liaison depuis Liloan (Cebu) vers Larena, au nord de Siquijor, fonctionne avec des bateaux plus lents, autour de 1h30. Des voyageurs venant de Bohol peuvent aussi embarquer à Tagbilaran, avec un terminal fee de 30 pesos. Au total, quatre ports touchent l’île, mais 90 % des visiteurs passent par Dumaguete.
Se déplacer sur l’île : 75 km de bitume et un scooter à 5 €
L’île de Siquijor se parcourt intégralement par une route circulaire de 75 km, limitée à 40 km/h. J’ai bouclé le tour complet en 2h10 sans m’arrêter, mais en prenant le temps des cascades et des plages, comptez plutôt une journée pleine. Le bitume est correct, parfois défoncé sur la côte est, et les rares voitures doublent sans agressivité.
Louer un scooter sans perdre de temps ni d’argent
À San Juan, le long de la route principale, une dizaine d’échoppes proposent des scooters 125 cc. Le prix standard constaté en début 2026 est de 350 pesos par jour, soit à peine 5,05 €. J’ai refusé la première offre à 500 pesos, puis négocié directement auprès d’un loueur nommé Jun, qui m’a montré l’état des pneus et fourni un antivol. Pas de caution demandée, juste une photocopie du passeport.
Certains logements incluent la location ; j’ai préféré un loueur indépendant pour pouvoir rendre l’engin le soir sans dépendre des horaires de la guesthouse. Le carburant coûte environ 65 pesos le litre. Un plein suffit pour deux jours d’exploration intensive.
Cambugahay Falls : mon arrivée avant 8 h et la différence avec le chaos de 10 h
J’ai quitté San Juan à 7h20, scooter sous une bruine fine, pour atteindre le parking de Cambugahay Falls 20 minutes plus tard. À 7h40, j’étais seul au guichet. J’ai payé 20 pesos d’entrée (0,30 €) et 20 pesos de parking, puis descendu les 135 marches de pierre taillée. L’eau turquoise des trois bassins était parfaitement calme.
Le guide, un jeune homme nommé Rodel, s’est présenté spontanément. Depuis 2025, un guide obligatoire est affecté à chaque visiteur ou petit groupe. Je lui ai remis 250 pesos (3,60 €) pour m’accompagner, partageables à plusieurs. Il m’a montré les cordes pour se balancer, les rochers glissants, et l’endroit exact où la profondeur dépasse 4 mètres. Sans lui, impossible de profiter des vasques sans risque.
À 9h30, quand je suis remonté, une file de trente personnes patientait sur les marches. L’eau avait perdu sa transparence, brassée par les baignades multiples. Comme à Coron, arriver aux aurores transforme radicalement l’expérience.
Les pièges à éviter à Lamanok Falls et autres cascades
Lamanok Falls, moins fréquentée, applique la même règle : guide obligatoire, entrée à 50 pesos (0,72 €) et parking à 20 pesos. J’ai payé 100 pesos de pourboire une fois la balade terminée, selon le principe du libre choix. Le sentier longe une rivière, puis une chute de 15 mètres ; l’eau y est plus fraîche qu’à Cambugahay, mais la baignade reste possible. Prévoyez des chaussures d’eau fermées, les rochers calcaires lacèrent les pieds nus.
Snorkeling et sanctuaires marins : où voir des tortues sans s’éloigner de l’île
La côte sud-ouest concentre les meilleurs spots. J’ai testé deux sanctuaires en une même journée : Tubod Beach le matin et Coco Beach Resort l’après-midi. À Tubod, l’entrée snorkeling coûte 50 pesos (0,72 €) ; pour une simple baignade, 25 pesos. À quelques encablures du rivage, un herbier attire les tortues vertes. J’en ai observé trois en 40 minutes, sans avoir à prendre de bateau. L’eau est peu profonde, 2 à 3 mètres, et les coraux durs commencent à 30 m du bord.
Coco Beach, plus aménagé, pratique les mêmes tarifs. La visibilité était excellente ce jour-là, dépassant 15 mètres. J’ai croisé un groupe de Philippins qui louaient masque et tuba pour 200 pesos ; j’avais apporté mon propre équipement pour éviter cette dépense et limiter les déchets plastiques.
Équipement et précautions dans les zones protégées
Les droits d’entrée financent des gardes locaux qui surveillent les coraux. Un de ces gardes m’a rappelé qu’il est interdit de toucher les tortues sous peine d’amende. Si vous n’avez pas de sac étanche, sachez qu’une location d’équipement complet (palmes, masque, tuba) coûte environ 800 pesos pour 3 personnes. J’ai croisé un couple qui avait oublié ses chaussures d’eau : ils ont rebroussé chemin après s’être coupé sur les rochers affleurants. Certains sites, comme à Lombok, exigent ce petit matériel pour accéder aux récifs sans danger.
Plages et couchers de soleil : Paliton Beach, le spot gratuit qui vaut chaque peso
Paliton Beach, au nord-ouest, aligne un sable blanc poudreux bordé de cocotiers. À l’entrée, un kiosque prélève une taxe environnementale de 20 pesos (0,29 €). Le jour de mon passage, un vendredi de mars, la plage comptait moins de quinze personnes. L’eau est translucide, les fonds sableux, parfaits pour une baignade sans masque.
Au sud de l’île, le point de vue de Pinturon Point offre un coucher de soleil gratuit, face à la mer de Bohol. Je m’y suis arrêté après une journée à rouler, et j’ai admiré la lumière rasante sur les falaises calcaires sans débourser un centime. Plusieurs vendeurs ambulants proposent des noix de coco fraîches à 50 pesos ; l’un d’eux m’a indiqué un petit sentier qui descend vers une crique déserte.
Excursion à Apo Island : tarifs, organisation et déroulement d’une journée type
Apo Island reste le sanctuaire le plus réputé pour nager avec les tortues imbriquées. L’accès se fait depuis le Coco Grove Resort, sur la côte sud-est de Siquijor, qui gère l’essentiel des sorties. J’ai réservé 48 heures à l’avance par téléphone, car les places partent vite, surtout le week-end. Le tarif adulte pour le snorkeling est de 2 750 pesos (39,75 €) ; pour les enfants de 5 à 11 ans, 1 575 pesos. Si vous plongez, comptez 4 250 pesos sans équipement, 4 700 avec.
Le matin du départ, j’ai rejoint le resort à 7h50, comme indiqué. Un bus climatisé nous a conduits en 20 minutes jusqu’au débarcadère, puis un ferry local a rallié Apo Island en 1h30. L’île, minuscule, dispose d’une aire de pique-nique et d’une station de rangers qui vérifient le paiement des droits de plongée (inclus dans le prix du resort). J’ai passé une heure dans l’eau, entouré d’au moins six tortues et d’un banc de poissons-perroquets. Le retour au resort s’est fait vers 17h30.
Quand éviter Apo Island et alternatives moins coûteuses
Pendant la mousson Habagat, de juillet à octobre, la mer devient agitée et les sorties sont souvent annulées. Si vous voyagez à cette période, rabattez-vous sur Tubod Beach ou Paliton, où la baignade reste possible. Le coût cumulé d’une excursion pour une famille de trois personnes dépasse les 90 € ; j’ai rencontré un couple qui a préféré consacrer ce budget à trois nuits supplémentaires dans un écolodge plutôt qu’à une journée de bateau.
Hébergement et restauration : ce que coûte vraiment une nuit à San Juan
L’essentiel des guesthouses se concentre à San Juan et ses environs. Pour une chambre double avec ventilateur et eau chaude, les prix oscillent entre 1 000 et 1 500 pesos la nuit (14,50 – 21,70 €) en basse saison. J’ai dormi au White Knights Inn, payé 1 200 pesos, petit déjeuner non inclus. Les établissements les plus connus, comme le Coco Grove Resort, montent à 4 000 – 7 000 pesos pour un bungalow en front de mer.
Côté nourriture, un plat local (adobo de poulet, poisson grillé, riz) coûte entre 150 et 250 pesos dans un carenderia de bord de route. Le soir, le marché de San Juan propose des brochettes de poisson à 60 pesos pièce. Avec un budget quotidien moyen de 2 500 pesos (37 €) par personne en mode backpacker, je couvrais hébergement, repas, essence et deux à trois activités payantes.
Budget précis et taxe écologique 2026
| Poste de dépense | Coût en pesos (PHP) | Coût en euros (€) |
|---|---|---|
| Taxe écologique (par personne, depuis fév. 2026) | 200 | ~2,90 |
| Entrée Cambugahay Falls | 20 (+20 parking) | ~0,30 |
| Guide Cambugahay (pour 2 pers.) | 250 | ~3,60 |
| Snorkeling Tubod | 50 | ~0,72 |
| Location scooter / jour | 350 | ~5,05 |
| Excursion snorkeling Apo Island (adulte) | 2 750 | ~39,75 |
| Repas (carenderia) | 150 – 250 | 2,20 – 3,60 |
Ces tarifs ont été relevés entre janvier et mars 2026. La nouvelle taxe écologique se règle au bureau touristique du port ou directement auprès de l’hébergement. Conservez le reçu, car des contrôles aléatoires ont lieu sur la route circulaire.
Quatre jours sur Siquijor : un rythme que je recommande
J’ai passé trois nuits sur place, ce qui donne quatre jours pleins sans stress. Le premier jour, je me suis contenté d’explorer San Juan et Paliton Beach. Le deuxième, j’ai enchaîné Cambugahay à 7h30 puis Lamanok Falls en fin de matinée. Le troisième, snorkeling à Tubod et Coco Beach, avant de finir à Pinturon Point. Le quatrième, petite boucle sur la côte ouest jusqu’à Lazi pour voir l’église historique, puis ferry de l’après-midi. Contrairement à un itinéraire serré à El Nido, ici on peut tout faire sans courir.
Si vous atterrissez à Cebu et devez enchaîner plusieurs îles des Visayas, prévoyez une nuit tampon à Dumaguete à l’aller ou au retour. Les horaires de ferry s’alignent mal avec les vols domestiques du matin.
Questions fréquentes
Comment se rendre sur l’île de Siquijor depuis Cebu ?
Deux options existent. La plus rapide consiste à prendre un vol Cebu – Dumaguete (1h), puis un ferry Oceanjet jusqu’au port de Siquijor en 50 minutes. La seconde, par voie terrestre et maritime, passe par le port de Liloan, au sud de Cebu, avec une traversée directe vers Larena (nord de Siquijor) ; elle dure environ 1h30 et convient aux voyageurs avec véhicule.
Quelle est la meilleure saison pour visiter Siquijor ?
La saison Amihan, de décembre à juin, offre un grand bleu, une mer calme sur la côte sud-ouest et des températures agréables autour de 28 °C. La période juillet – octobre, correspondant à la mousson Habagat, apporte pluies, houle et annulations d’excursions. Mars et avril concentrent les meilleures conditions, avec une fréquentation encore modérée.
Combien de temps faut-il pour faire le tour de l’île ?
Le tour complet de la route côtière (75 km) prend environ 2 heures sans arrêt. Avec des pauses cascades, plages et repas, une journée complète suffit. Pour profiter des activités sans se presser, mieux vaut compter 4 jours et 3 nuits, ce qui laisse du temps pour le snorkeling et une excursion à Apo Island.
Faut-il un permis international pour conduire un scooter ?
La location de scooter se fait généralement sur présentation d’une photocopie du passeport. Le permis international n’est pas systématiquement exigé par les loueurs, mais les contrôles de police, bien que rares, peuvent entraîner une amende de 1 500 pesos si vous ne pouvez présenter aucun permis valide. Je vous conseille d’avoir un permis de conduire national et sa traduction internationale.
Quels sont les principaux sites à visiter sur l’île de Siquijor ?
Outre Cambugahay Falls et Lamanok Falls, ne manquez pas le sanctuaire marin de Tubod Beach, le coucher de soleil à Pinturon Point et la plage de Paliton. Les amateurs de patrimoine s’arrêteront à l’église San Isidro Labrador de Lazi, un exemple remarquable d’architecture coloniale en bois et pierre de corail. L’excursion à Apo Island complète le séjour si vous souhaitez nager avec les tortues.
Peut-on faire du snorkeling directement depuis la plage ?
Oui, à Tubod Beach et Coco Beach. Les herbiers et récifs coralliens commencent entre 20 et 30 mètres du rivage. Des tortues vertes fréquentent ces zones peu profondes, surtout tôt le matin. L’accès est payant (50 pesos) afin de financer les patrouilles de protection marine.
Comment éviter la foule à Cambugahay Falls ?
Arrivez avant 8h, le parking se remplit dès 9h. En semaine, la pression est moindre qu’en week-end, notamment le lundi et le mardi. Si malgré tout vous devez venir en pleine matinée, contractez avec le guide obligatoire un passage par le sentier supérieur pour accéder aux bassins les moins fréquentés.
L’île de Siquijor m’a laissé un souvenir de clarté : une route circulaire, des cascades accessibles pour quelques centimes d’euros, des gardiens de sanctuaire qui connaissent chaque tortue par sa cicatrice sur la carapace. J’ai dépensé moins de 30 € par jour, et j’ai échangé des adresses de carenderias avec des plongeurs allemands sur le ponton de Tubod. Si je devais vous donner un seul conseil, ce serait d’arriver tôt, de négocier votre scooter sans précipitation et de garder des pesos liquides en permanence. Le reste, c’est le bruit du moteur deux-temps entre les rizières et l’odeur des brochettes grillées au marché de San Juan.




