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Visiter Amalfi et la côte Amalfitaine : la beauté verticale de la Campanie

La côte Amalfitaine appartient à cette catégorie restreinte de paysages qui dépassent les attentes même des voyageurs blasés.

Cinquante kilomètres de falaises vertigineuses qui plongent dans une mer d’un turquoise presque impudique, des villages multicolores accrochés à la roche comme des tableaux impossibles, des routes qui serpentent à mi-falaise entre les citronniers et la mer : la réalité ici dépasse toujours l’image.

Visiter Amalfi, c’est entrer dans une région façonnée pendant des millénaires par la mer, le calcaire et une lumière qui n’appartient qu’au Mezzogiorno.

Quatre à cinq jours permettent d’explorer l’ensemble à un rythme agréable, mais la côte récompense ceux qui prennent le temps de chercher au-delà des cartes postales.

Quelle est la meilleure période pour visiter la côte Amalfitaine ?

Mai, juin et septembre, octobre sont les quatre mois que je recommande sans la moindre hésitation. La mer est chaude en juin et reste parfaite jusqu’en octobre, la lumière méditerranéenne est d’une qualité qui justifie à elle seule le voyage, et les villages retrouvent une respiration que juillet ne leur permet pas.

Août est la période à éviter absolument. Les embouteillages sur la SS163 atteignent des niveaux cauchemardesque, les prix d’hébergement s’envolent à des hauteurs qui feraient pâlir la côte d’Azur, et les plages de Positano ressemblent davantage à un métro bondé qu’à un paradis méditerranéen.

Mai est mon mois préféré : la végétation est à son pic, les citronniers sont en fleurs, et l’on peut encore circuler sur la route côtière sans perdre une heure à chaque épingle à cheveux.

PériodeTempératuresAffluenceMon verdict
Mars à avril14 à 20°CFaibleBonne option, paysages verdoyants
Mai à juin20 à 28°CModéréeIdéale
Juillet à août28 à 35°CTrès forteÀ éviter
Septembre à octobre22 à 28°CModéréeMa période préférée
Novembre à février10 à 16°CTrès faibleAustère et magnifique

Comment se déplacer sur la côte Amalfitaine ?

La réponse est nette et change tout à l’expérience du voyage : oubliez la voiture autant que possible. La SS163, la route côtière qui relie Vietri sul Mare à Positano, est un chef-d’oeuvre d’ingénierie et un enfer de circulation dès que la saison commence. Étroite, sinueuse, sans possibilité de dépassement pendant des kilomètres, elle transforme un trajet de 20 kilomètres en une heure trente d’immobilité en juillet-août.

Les ferries et hydroglisseurs entre les villages sont la solution intelligente. Ils coûtent entre 5 et 15 euros selon le trajet, ils sont fréquents de mai à octobre, et depuis l’eau on comprend enfin pourquoi cette côte est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. La vue depuis un bateau sur les falaises, les villages accrochés et la lumière sur la mer ne ressemble à rien que l’on verrait depuis une fenêtre de voiture.

Si vous louez une voiture, garez-la dans la ville la plus proche d’une des routes d’accès depuis l’autoroute, et explorez depuis là en transport maritime ou à pied.

Amalfi : la ville phare de la côte

La Cathédrale Sant’Andrea et son cloître

La Cathédrale Sant’Andrea est l’édifice le plus extraordinaire de toute la côte. Son architecture mêle avec une liberté totale les influences arabes, gothiques et romanes dans une façade à damier de pierre blanche et grise surmontée de mosaïques dorées qui irradie dans la lumière du soir. Ses portes en bronze coulées à Constantinople au XIe siècle sont parmi les plus anciennes de l’Italie méridionale.

Le Cloître du Paradis, accessible depuis la cathédrale pour environ 3 euros, est un jardin d’arcades entrelacées du XIIIe siècle dans un style arabo-normand stupéfiant, planté de palmiers et de plantes méditerranéennes qui débordent entre les colonnes. La crypte abrite les reliques de Saint-André, apôtre et patron de la ville, apportées de Constantinople en 1208.

La Vallée des Moulins et le Musée du Papier

Derrière le front de mer animé d’Amalfi se cache une gorge humide et verte que peu de visiteurs remontent jusqu’au bout. La Valle dei Mulini s’enfonce dans les falaises calcaires à travers une végétation luxuriante et des anciens moulins à papier abandonnés dont les murs envahis de lierre composent une atmosphère de conte.

À l’entrée de la vallée, le Museo della Carta, logé dans un moulin à papier du XIIIe siècle, raconte l’invention de la technique de fabrication du papier à Amalfi. L’entrée coûte environ 4 euros et la visite, courte mais étonnante, montre encore du matériel d’époque en état de fonctionnement.

Les villages incontournables

Positano : le mythe et la réalité

Positano est la ville la plus photographiée de la côte, ce qui en fait aussi la plus fréquentée et la plus chère. Ses façades colorées en cascade vers la plage de Spiaggia Grande, ses ruelles pavées couvertes de bougainvillées et ses boutiques de mode ont fait d’elle un symbole mondial du glamour méditerranéen depuis les années 1950.

La réalité en juillet : des files dans chaque ruelle, des terrasses qui facturent 6 euros l’espresso et une plage si dense qu’il est difficile de trouver un espace pour poser une serviette. La réalité en mai ou en octobre : c’est l’un des endroits les plus beaux du monde. La plage de la Fornillo, à l’ouest du village, est plus tranquille et plus authentique que la Spiaggia Grande, accesssible à pied en dix minutes.

Ravello : les jardins du ciel

Ravello est perchée à 350 mètres au-dessus de la mer, sur un éperon rocheux entre Amalfi et Minori, dans une atmosphère de maison de repos aristocratique qui n’a pas grand-chose à voir avec le tumulte des villages côtiers. Wagner y a composé une partie de Parsifal. Virginia Woolf y a séjourné. D.H. Lawrence aussi.

La Villa Rufolo et ses jardins en terrasse offrent une vue sur la mer qui a inspiré à Wagner la description du jardin enchanté de Klingsor. La Villa Cimbrone et sa Terrasse de l’Infini, une balustrade bordée de bustes romains suspendue au-dessus du vide à 300 mètres au-dessus de la mer, est l’un des panoramas les plus vertigineux d’Italie. J’insiste sur l’arrivée à l’ouverture en avril ou octobre, quand la terrasse est déserte et que la lumière est encore basse sur la mer.

Praiano : l’alternative authentique

À mi-chemin entre Positano et Amalfi, Praiano est le village que les voyageurs avertis choisissent pour dormir. Les prix d’hébergement y sont sensiblement inférieurs à ceux de ses voisines célèbres, l’atmosphère est celle d’un vrai village de pêcheurs, et les couchers de soleil sur la mer que l’on contemple depuis ses terrasses sont considérés par les locaux comme les plus beaux de toute la côte.

Sa plage de la Gavitella, accessible par un escalier taillé dans la falaise, reste confidentielle même en plein été. C’est l’une des meilleures cachettes balnéaires de la côte Amalfitaine.

Cetara : le port des anchois

Niché entre Vietri sul Mare et Maiori, Cetara est le dernier vrai port de pêche de la côte, épargné par le tourisme de masse grâce à son éloignement relatif. C’est ici que l’on produit la colatura di alici, une sauce d’anchois fermentée héritée du garum romain, protégée aujourd’hui par une IGP. Ses ruelles, sa tour sarrasine médiévale et ses barques colorées dans le port composent une image de la Campanie côtière que Positano n’offre plus depuis longtemps.

Vietri sul Mare : les céramiques qui couvrent l’Italie

À l’extrémité est de la côte, Vietri sul Mare est la capitale de la céramique traditionnelle campanienne, dont les ateliers produisent depuis des siècles les faïences aux motifs de soleil, de poissons et de citrons que l’on retrouve sur les tables de tout le sud de l’Italie. Les botteghe des céramistes sont ouvertes à la visite, et certains artisans permettent d’assister aux étapes de fabrication.

Le Sentier des Dieux : la randonnée fondatrice

Le Sentiero degli Dei, le Sentier des Dieux, est la façon la plus belle et la plus physique de comprendre la côte Amalfitaine. Ce sentier de 7,8 kilomètres relie Bomerano à Nocelle en serpentant sur les crêtes à 600 mètres d’altitude, avec des vues à couper le souffle sur l’intégralité de la côte, de Positano à Amalfi.

Comptez trois à quatre heures pour le parcourir, niveau modéré avec quelques montées et descentes raides. Le sentier se fait de préférence du nord vers le sud (Bomerano vers Nocelle) pour avoir la mer devant soi. Arrivez tôt le matin : les premiers rayons de soleil sur la côte depuis ces crêtes sont l’une des expériences les plus saisissantes que la région puisse offrir.

Quel budget prévoir pour visiter la côte Amalfitaine ?

La côte Amalfitaine est une destination haut de gamme, et il vaut mieux en avoir pleinement conscience avant de planifier.

Voici les repères pratiques essentiels :

  • Un billet de ferry entre deux villages coûte entre 5 et 15 euros selon la distance.
  • L’entrée au Cloître du Paradis d’Amalfi est d’environ 3 euros.
  • Un repas dans un restaurant côtier tourne entre 25 et 50 euros par personne.
  • Une nuit en hôtel à Positano en haute saison peut facilement dépasser 300 euros.
  • La même nuit à Praiano ou Atrani s’établit entre 80 et 160 euros.
  • Le Sentiero degli Dei est gratuit, mais il faut prévoir le bus pour rejoindre Bomerano (départ depuis Amalfi).

Pour un séjour de quatre nuits à deux personnes en hébergement intermédiaire hors Positano, avec transports maritimes, entrées et repas, prévoir entre 1 000 et 1 800 euros selon la saison.

Les excursions depuis la côte Amalfitaine

Capri est accessible en ferry depuis Amalfi ou Positano en environ une heure. La Grotte Bleue et les vues depuis le Monte Solaro sur l’île entière et la baie de Naples valent la journée. Préférez une excursion en semaine pour éviter les flux de visiteurs du week-end.

Pompéi et Herculanum sont à une heure de route depuis Amalfi et se combinent naturellement avec un séjour sur la côte. Herculanum, mieux préservée et moins fréquentée que Pompéi, est mon choix pour ceux qui n’ont qu’une demi-journée.

L’île d’Ischia, moins connue que Capri, est accessible en ferry depuis Naples. Ses sources thermales, ses plages de sable noir et son ambiance moins mondaine en font une alternative rafraîchissante pour une journée.

Mes pépites à voir absolument

Le Fiordo di Furore : le fjord caché de la côte

À mi-chemin entre Praiano et Conca dei Marini, le Fiordo di Furore est sans doute l’endroit le plus spectaculaire et le plus méconnu de toute la côte Amalfitaine. Un canyon côtier étroit, creusé par une rivière presque asséchée, débouche sur une crique aux eaux turquoise dominée par un vieux pont de pierre suspendu à trente mètres au-dessus de l’eau. La descente se fait par un escalier escarpé depuis la route côtière. En bas, la crique est à l’abri du vent et du bruit du monde. C’est l’un des rares endroits de la côte qui reste préservé même en haute saison.

Nerano et les spaghetti les plus savoureux de Campanie

Au bout de la péninsule sorrentine, Nerano est un village de pêcheurs épargné par le tourisme de masse, avec des eaux cristallines qui en font l’un des meilleurs spots de snorkeling de toute la côte. Ses restaurants en bord de mer servent les spaghetti alla Nerano, une recette de courgettes frites, basilic et provolone fondu qui est considérée par beaucoup comme le plat de pâtes le plus savoureux de Campanie. Difficile de leur donner tort.

Conca dei Marini et la Grotta dello Smeraldo

Ce village discret perché sur les falaises entre Amalfi et Furore a conservé une atmosphère calme et exclusive que Positano a perdue depuis des décennies. Sa Grotta dello Smeraldo, une grotte marine accessible en bateau depuis le port, baigne ses eaux d’un vert émeraude intense grâce au jeu de la lumière filtrée par les parois calcaires. C’est une expérience sensorielle saisissante pour une fraction des visiteurs et des prix que réclame la Grotte Bleue de Capri.

Le Sentier des Citrons entre Minori et Maiori

Entre Minori et Maiori, le Sentiero dei Limoni est un chemin de 2,5 kilomètres qui serpente à travers des vergers de citronniers en terrasse où les habitants travaillent encore à la main, comme leurs grands-parents le faisaient. Les vues sur la côte sont sublimes, le parfum des fleurs de citronnier au printemps est entêtant, et les rencontres avec les agriculteurs locaux offrent un contact avec la vraie vie côtière campanienne. C’est infiniment plus authentique que le Sentiero degli Dei, et trois fois moins fréquenté.

Les Îlots Li Galli : les îles des Sirènes

Ces trois petits rochers au large de Positano, visibles depuis les hauteurs de Nocelle ou depuis la mer, sont selon la mythologie grecque les îles habitées par les Sirènes qui tentèrent Ulysse de leur chant. Aujourd’hui propriété privée, inaccessibles au public, ils ont autrefois appartenu à Rudolf Noureïev, qui y venait se ressourcer entre deux tournées. On les contemple depuis une excursion en bateau depuis Positano ou depuis les chemins des hauteurs de Nocelle, dans une lumière et un mystère qui n’appartiennent qu’à la mythologie méditerranéenne.

La Villa Cimbrone à l’ouverture

La Villa Cimbrone et sa Terrasse de l’Infini méritent leur réputation, mais elles la méritent dans des conditions précises : à l’ouverture, en avril ou en octobre, avant l’arrivée des groupes. La terrasse bordée de bustes romains, suspendue à 300 mètres au-dessus de la mer avec un panorama de 180 degrés sur le golfe de Salerne, est l’une des vues les plus belles et les plus vertigineuses d’Italie. En juillet à 14h avec 200 personnes autour de soi, c’est une expérience nettement moins transcendante.

Réussir son séjour sur la côte Amalfitaine

Visiter Amalfi et la côte Amalfitaine demande une décision logistique fondamentale avant toute autre chose : choisir le bon village pour dormir. Praiano, Furore ou Atrani plutôt que Positano ou Amalfi pour les voyageurs qui veulent diviser leur budget hébergement par deux tout en gardant accès à l’ensemble de la côte par ferry.

Réservez tôt, particulièrement si vous voyagez en juin ou septembre. Les hébergements de qualité à prix raisonnable disparaissent des plateformes plusieurs semaines à l’avance. Prévoyez au moins une journée entière pour le Sentiero degli Dei : c’est la façon la plus physique et la plus belle de comprendre pourquoi cette côte est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Et mangez des citrons. Les agrumes de la côte Amalfitaine, les sfusato amalfitano, sont d’une taille et d’un parfum que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Le limoncello produit ici, la granita di limone des bars du bord de mer, les desserts parfumés au zeste : c’est la saveur de cette côte, et elle mérite que l’on s’y attarde.

Questions fréquentes sur la visite de la côte Amalfitaine

Comment rejoindre la côte Amalfitaine depuis Naples ? Depuis Naples, le train jusqu’à Vietri sul Mare ou Salerne (environ une heure) permet d’accéder à l’extrémité est de la côte. Des ferries partent directement du port de Naples vers Positano et Amalfi de mai à octobre. Depuis Sorrente, des ferries desservent Positano et Amalfi régulièrement en haute saison.

Faut-il louer une voiture pour explorer la côte ? Non, et je le déconseille entre juin et septembre. Les ferries entre villages sont la solution la plus pratique, confortable et agréable. Si vous souhaitez explorer l’arrière-pays, les cols et les villages perchés comme Ravello, une voiture est utile, mais évitez de l’utiliser sur la SS163 aux heures de pointe.

Quelle est la spécialité culinaire à ne pas manquer sur la côte ? Les spaghetti alle vongole avec des palourdes fraîches pêchées le matin même, la parmigiana di melanzane préparée dans les maisons, et les spaghetti alla Nerano au village du même nom. Côté desserts, la delizia al limone est une bouchée de crème et de biscuit au citron inventée à Sorrente qui se mange en deux bouchées et que l’on retrouve dans tout le golfe.

La Grotta dello Smeraldo vaut-elle le détour par rapport à la Grotte Bleue de Capri ? Les deux ont leurs qualités. La Grotta dello Smeraldo est moins spectaculaire en termes d’effet lumineux, mais elle est nettement moins chère, moins bondée et accessible sans les deux heures d’attente que Capri impose souvent. Pour une expérience de grotte marine sans la pression touristique, c’est un excellent choix.

Combien de jours faut-il pour visiter la côte Amalfitaine ? Quatre à cinq jours permettent d’explorer les villages principaux, de faire le Sentiero degli Dei et d’inclure une excursion à Capri ou Pompéi. Pour explorer aussi les pépites comme Nerano, Cetara et le Fiordo di Furore à un rythme tranquille, une semaine est l’idéal.