que faire à tenerife

Que faire à Tenerife en évitant les pièges à touristes

La dernière fois que j’ai posé mes valises à Tenerife, en mars dernier, je suis monté au Teide un mardi matin. Le thermomètre affichait 8 °C au pied du téléphérique alors que la côte sud frôlait les 24 °C. Ce contraste résume à lui seul l’île : un territoire compact où l’on passe des plages de sable noir aux forêts de lauriers en une heure de route. Voici ce que j’ai vraiment aimé, ce qui m’a déçu, et comment organiser vos journées sans perdre de temps ni d’argent en 2026.

Monter au parc national du Teide sans se faire piéger par les créneaux

J’ai commis l’erreur une fois, je ne la referai plus : arriver au parc national du Teide sans billet pour le sommet. Le téléphérique du Teide fonctionne de 9h à 16h en hiver, et de 9h à 18h en été, mais il vous dépose à La Rambleta, à 3 555 mètres d’altitude. Pour atteindre le cratère, il faut impérativement réserver un permis gratuit plusieurs mois à l’avance sur le site des autorités du parc. Sans ce sésame, impossible de dépasser le point de vue.

En janvier 2026, le tarif d’accès aux secteurs réglementés entre 9h et 17h était de 15 € pour les non-résidents, 6 € pour les résidents des autres îles, et gratuit pour les résidents de Tenerife et les enfants de moins de 14 ans. Achetez votre billet en ligne, même pour les zones classiques, car les contrôles sont fréquents.

Randonner à l’ombre des Roques de García

Si vous ne voulez pas débourser 40 € pour le téléphérique, le sentier des Roques de García reste l’alternative la plus spectaculaire. J’ai mis 1h30 pour en faire la boucle complète, en multipliant les pauses photo devant le Roque Cinchado. La marche est facile, mais prévoyez de l’eau : il n’y a aucune fontaine sur le tracé et le soleil tape fort même en mars.

Observer les étoiles avec un télescope professionnel

L’astrotourisme est devenu un business sérieux sur l’île. Lors de ma dernière nuit au Teide, j’ai payé 68 € par personne pour une sortie avec un guide francophone. Il nous a montré Saturne et la nébuleuse d’Orion dans un télescope Dobson. L’excursion incluait le transfert depuis Los Cristianos et un repas chaud. Le ciel du Teide, protégé par la loi du ciel canarienne, offre une Voie lactée nette même sans matériel.

Les visites diurnes de l’observatoire de l’IAC, elles, permettent d’approcher les télescopes solaires comme THEMIS. Il faut réserver des semaines à l’avance sur le portail de l’Institut d’Astrophysique des Canaries.

S’enfoncer dans la laurisylve du parc rural d’Anaga

Le parc rural d’Anaga appartient à un autre monde. Quand j’y suis allé, un matin de novembre, la brume accrochait les crêtes et le chemin serpentait entre des troncs couverts de mousse. Ce massif, classé réserve de biosphère par l’UNESCO depuis 2015, abrite l’une des dernières laurisylves d’Europe.

Le sentier des sens, parfait pour une première approche

J’ai testé le Sendero de los Sentidos en trente minutes chrono. Il démarre près du centre d’accueil de Cruz del Carmen et longe des panneaux ludiques. L’endroit est pensé pour être accessible, mais ne vous attendez pas à être seul : les minibus d’excursion y déposent du monde dès 10h.

Prolonger jusqu’au mirador de Cabezo del Tejo

Depuis le parking de Cruz del Carmen, une marche de 45 minutes mène au mirador de Cabezo del Tejo. J’ai eu la chance d’avoir un ciel dégagé : la vue plonge sur la côte nord et, par beau temps, on distingue La Laguna au loin. Prévoir des chaussures de trail, le sentier devient boueux après la moindre pluie.

Explorer le nord de l’île en une journée, villages et piscines naturelles

J’ai longtemps snobé le nord de Tenerife, à tort. La Orotava et Garachico méritent mieux qu’un arrêt photo sur une place d’église. La route depuis Puerto de la Cruz serpente entre des bananeraies et des maisons coloniales aux balcons sculptés.

Se promener dans La Orotava avant l’arrivée des cars

Le jardin d’acclimatation de La Orotava, créé au XVIIIe siècle, m’a bluffé par la taille de son dragnier centenaire. Je vous conseille d’arriver avant 9h30, quand les premiers groupes débarquent. Ensuite, flâner dans la Calle de la Carrera jusqu’à la Casa de los Balcones. Un café serré au Bar El Guanche, sur la place centrale, m’a coûté 1,20 €.

Se baigner au Charco de la Laja à San Juan de la Rambla

On m’avait parlé du Charco de la Laja comme d’un secret bien gardé. La réalité, c’est qu’il est désormais bien référencé sur les réseaux sociaux. L’eau reste glaciale en février (17 °C), mais l’endroit est superbe, avec la houle qui frappe les rochers volcaniques. L’accès est gratuit. Le stationnement se fait le long de la route, prudence.

Marcher sur la lave de Garachico

Garachico a été ensevelie par l’éruption du Volcán Trevejo en 1706. Ses piscines naturelles, aménagées dans les coulées de lave, sont ouvertes toute l’année. J’ai nagé dans le Caletón un soir de septembre, sans payer un euro. L’eau est calme et les rochers chauffés par le soleil servent de transats naturels.

Observer les cétacés et longer les falaises de Los Gigantes

La première fois que j’ai vu les falaises de Los Gigantes depuis le pont d’un bateau, j’ai arrêté de parler. Ces parois de 600 mètres tombent à pic dans l’Atlantique. Le secteur, au sud-ouest de l’île, reste la meilleure base pour observer dauphins et baleines pilotes (Globicephala macrorhynchus) à l’état sauvage.

J’ai payé 30 € par personne pour une excursion de deux heures avec Whale Watch Tenerife, un opérateur qui respecte les distances d’approche. Nous avons croisé une dizaine de pilot whales à moins d’un mille du port. Le guide a fourni des explications en français sur leur comportement. Si la taille du groupe dépasse 10 personnes, passez votre chemin : le confort et l’observation en pâtissent.

Pour ceux qui cherchent où dormir loin de l’agitation de Playa de las Américas, le secteur ouest autour de Los Gigantes offre une alternative calme avec des appartements face aux falaises. Je détaille les meilleurs quartiers dans mon article sur où dormir à Tenerife pour éviter les pièges à touristes.

Découvrir Santa Cruz et La Laguna, l’autre Tenerife

Beaucoup de visiteurs ignorent Santa Cruz de Tenerife et se privent d’un pan entier de l’identité de l’île. La capitale n’a rien d’un décor : son marché Nuestra Señora de África grouille de stands de fromages et de papas arrugadas servies avec du mojo picón. J’y ai acheté un queso ahumado de La Palma à 12 € le kilo.

À dix minutes en tramway, San Cristóbal de La Laguna affiche son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le plan hippodamien de la ville a servi de modèle aux colonies espagnoles d’Amérique. Perdez-vous dans la Calle Obispo Rey Redondo, poussez la porte du palais de Nava et montez à la tour de la cathédrale.

Vivre le carnaval de Santa Cruz en février 2026

Le Carnaval de Santa Cruz 2026 se tient du 1er au 22 février. J’ai vécu l’édition précédente : le défilé annonçant le carnaval le 13 février, le carnaval de jour le 15 février, le défilé apothéose le 17 février et l’Enterrement de la sardine le 18 février. Si vous logez dans le sud, partez avant midi : le trafic sur l’autoroute TF-1 devient infernal. La fête de la Vierge de Candelaria le 2 février constitue un autre temps fort, avec des pèlerins venus de toute l’île.

Se rafraîchir dans les parcs aquatiques et au Lago Martiánez

Siam Park mérite sa réputation. J’y suis allé un mercredi de mai, hors vacances scolaires, et j’ai quand même attendu 35 minutes pour le Tower of Power. L’entrée adulte m’a coûté 40 €. Aqualand Costa Adeje, plus ancien, pratique des tarifs inférieurs (environ 30 €) mais l’ambiance est plus familiale et l’entretien moins soigné.

Dans un registre bien différent, le Lago Martiánez à Puerto de la Cruz, conçu par l’architecte César Manrique, propose un complexe de piscines d’eau de mer au milieu d’œuvres d’art volcaniques. L’entrée coûte 6,50 € et la vue sur l’océan vaut à elle seule le détour.

Au nord, Loro Parque reste le poids lourd du tourisme familial. Prévoyez une journée entière si vous voulez assister aux spectacles d’orques et de dauphins. Les billets achetés en ligne permettent d’économiser 10 % sur un tarif adulte d’environ 55 € constaté début 2026.

Choisir ses plages selon l’ambiance et la météo

À Tenerife, le sable change de couleur selon le versant. Au nord, Playa El Bollullo et ses galets noirs m’ont offert une baignade revigorante sous les falaises. Accès par un chemin escarpé depuis le parking (1 € pour la journée) et bar de plage correct. Au sud, Playa del Duque affiche un sable doré importé du Sahara et des transats à 6 €.

Pour fuir la foule, j’ai testé plusieurs criques du massif d’Anaga. La Playa de Benijo, tout au nord, reste sauvage mais la baignade y est dangereuse à cause des courants. Je l’ai préférée pour un coucher de soleil. Mon article sur les plus belles plages de Tenerife loin de la foule liste ces spots avec les accès précis.

Ce qui m’a déçu et ce que je referais sans hésiter

Le village de Masca a perdu de son authenticité. En mars 2026, l’affluence y est telle que des guides obligatoires encadrent désormais la descente du ravin. Le sentier reste spectaculaire, mais il faut réserver un créneau et payer un droit d’entrée.

À l’inverse, la Pointe de Teno et son phare m’ont laissé un souvenir bien plus fort. On y accède via une navette obligatoire depuis le parking de Buenavista del Norte, car la route est fermée aux véhicules privés le week-end et en haute saison. J’ai payé 2 € l’aller-retour et je suis resté une heure à contempler les vagues exploser contre la falaise. Très peu de monde en semaine.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour bien visiter Tenerife ?

Pour couvrir les grandes zones (Teide, Anaga, nord, sud), 7 jours constituent un minimum. Avec 10 jours, j’ai pu ajouter Masca, le phare de Teno, une journée complète à La Laguna et Santa Cruz, ainsi qu’une demi-journée aux Pyramides de Güímar. Les distances sont courtes mais le relief ralentit les déplacements.

Faut-il un permis pour monter au sommet du Teide ?

Oui, le permis est obligatoire pour accéder au cratère (le sentier Telesforo Bravo, au-delà de La Rambleta). Il est gratuit mais se réserve plusieurs mois à l’avance via le site des parcs nationaux ou les centres d’information. Sans ce permis, vous restez à La Rambleta, d’où la vue reste superbe mais partielle.

Le nord de Tenerife vaut-il le déplacement par rapport au sud ?

Le nord offre une expérience culturelle et naturelle bien plus riche que le littoral sud bétonné. Le revers : la météo peut être grise et pluvieuse, surtout de décembre à février. J’ai alterné les deux en fonction du ciel. Le parc rural d’Anaga, La Orotava et Garachico justifient amplement le détour.

Peut-on se baigner à Tenerife toute l’année ?

La température de l’eau oscille entre 19 °C en hiver et 24 °C en été. Je me suis baigné en février à Playa de las Teresitas sans problème, mais l’eau reste plus froide au nord. Les piscines naturelles de Garachico sont praticables toute l’année.

Quel budget prévoir pour une journée au Teide ?

Pour une journée complète avec montée en téléphérique et repas, comptez entre 60 et 100 € par personne. Décomposition constatée au premier trimestre 2026 : téléphérique 40 €, permis sommet gratuit, repas au restaurant du parador 22 €, sortie astronomie le soir 60 à 70 €. Prévoyez un plein d’essence, il n’y a qu’une station-service à Vilaflor.

Quelle est la meilleure période pour visiter Tenerife en évitant la foule ?

Les fenêtres avril à juin et septembre à novembre offrent un compromis parfait. Les températures varient entre 18 et 28 °C et les hébergements sont 20 à 30 % moins chers qu’en haute saison. J’évite août (canicule et surfréquentation) et la seconde moitié de décembre (prix multipliés par deux).

L’accès à Masca est-il toujours libre ?

Non, depuis 2021, la descente du ravin de Masca est encadrée par des guides obligatoires et soumise à réservation. Le village reste accessible librement, mais la randonnée dans le lit du ravin est payante et réglementée. Renseignez-vous sur le site du Cabildo de Tenerife avant de vous y rendre.

Je repars toujours de Tenerife avec la même idée en tête : ce territoire de 2 034 km² condense trop de paysages pour un seul séjour. La dernière fois, au lieu de courir après une check-list, j’ai passé une matinée entière sur un banc face au Roque de Garachico, avec un café et le bruit de l’Atlantique. Le nord, le centre et le sud ne se ressemblent pas, et c’est précisément ce qui donne envie d’y revenir.