que faire à camotes

Que faire à Camotes les activités et plages incontournables

J’ai posé mon sac à Santiago Bay un matin de février, après deux heures de ferry depuis Danao. Le sable était blanc, l’eau transparente, et j’étais quasiment seul. Camotes reste l’un des rares archipels philippins où l’on peut encore tourner le dos à la plage sans voir un seul resort bétonné. Je vais vous raconter ce qu’on peut y faire concrètement, entre grottes, îlots et plongeons, sans vous ruiner et sans suivre un troupeau.

Rejoindre l’archipel sans perdre une journée

Le point d’entrée le plus fiable reste le port de Danao, sur l’île de Cebu. J’y ai pris un ferry Jomalia un jeudi à 5h30 du matin, le premier des quatre départs quotidiens. La traversée dure deux heures et coûte entre 180 et 200 pesos philippins, soit environ 3,50 € par personne au premier trimestre 2026. Une fois sur le quai de Consuelo, sur l’île de Pacijan, des motos-taxis et des multicabs vous attendent pour rejoindre votre logement. J’ai négocié un multicab à 1 500 pesos (25 €) pour trois personnes jusqu’à Santiago Bay, trente minutes de route à travers des villages bordés de cocotiers.

Si vous venez de Cebu City, prévoyez deux heures de bus ou de van jusqu’à Danao. L’alternative par Ormoc et l’île de Leyte existe, mais elle est moins directe. Évitez de prendre le dernier ferry du jour, surtout en saison des pluies, car la houle peut clouer les bateaux au port sans préavis.

Santiago Bay et les plages qui méritent votre serviette

Santiago Bay concentre l’essentiel de l’hébergement et des restaurants. J’y ai passé trois nuits dans un petit hôtel familial avec vue sur la bande de sable que les locaux appellent White Beach. Le matin, avant 8h, vous aurez la plage pour vous seul. L’eau y est calme, protégée par une barrière de corail à deux cents mètres du rivage, ce qui en fait un spot de snorkeling accessible sans bateau. J’ai croisé des poissons-clowns dès les premiers rochers, côté droit de la baie.

Mangodlong Rock, à quinze minutes de scooter vers le nord, propose une ambiance différente. Un resort occupe une partie du front de mer, mais la plage publique reste large et les piscines naturelles à marée basse sont parfaites pour les enfants. Comptez 100 pesos d’entrée si vous passez par l’accès du resort, ou trouvez le chemin public juste après le pont.

Explorer les grottes de Pacijan sans se tromper d’heure

Bukilat, la baignade souterraine qui réveille

J’ai visité Bukilat Cave un mardi vers 10h, en pleine marée haute. La grotte est une vaste cavité ouverte vers le ciel, remplie d’eau douce translucide. L’entrée m’a coûté 50 pesos, moins d’un euro. On peut nager jusqu’au fond, là où la lumière tombe en colonne sur l’eau bleutée. Un jeune du village m’a montré une fissure dans la roche par laquelle on distingue des concrétions calcaires façonnées par des siècles d’infiltration. Attention, à marée basse, le niveau descend d’un mètre et la baignade perd tout intérêt.

Timubo, plus confidentielle

Timubo Cave se trouve à l’intérieur des terres, après un chemin bordé de bananiers. La galerie est plus étroite que Bukilat, avec une statue de Jésus posée dans une niche éclairée par une ampoule. L’eau y est plus fraîche, presque froide, et la profondeur atteint deux mètres par endroits. Peu de monde, un silence de cathédrale, et ce sentiment rare d’être seul sous la roche. Même règle que Bukilat : venez à marée haute, sinon vous pataugerez dans cinquante centimètres d’eau tiède.

Plonger à Camotes, entre requins de récif et tombants profonds

Les fonds marins autour de l’archipel comptent vingt-et-un sites de plongée référencés. Depuis Santiago Bay, un bateau local m’a emmené sur deux épaves japonaises de la Seconde Guerre mondiale, couchées par quinze mètres de fond. La visibilité dépassait vingt mètres en février. J’ai vu passer deux requins de récif à pointe blanche et un banc de carangues qui tournait sans fin autour de la coque rouillée.

Si vous préférez la plongée en apnée, Camotes Freediving propose des sessions encadrées autour de Tulang Diot. J’ai testé une sortie de deux heures avec un moniteur local qui connaît chaque patate de corail. Les tarifs varient selon la saison, mais une initiation reste abordable comparée aux standards de Moalboal ou Panglao. Les plongeurs certifiés trouveront des blocs et des guides via les rares dive shops de San Francisco.

Buho Rock, plongeoirs et mangrove

À trente minutes de scooter de Santiago Bay, Buho Rock est un ancien resort privé transformé en spot de baignade. L’entrée coûte 30 pesos (0,60 €). On marche cinq minutes à travers une mangrove sur des passerelles en bois qui grincent, avant d’arriver face à deux plongeoirs : un à trois mètres, l’autre à dix mètres. J’ai sauté du plus haut après avoir vérifié la profondeur et demandé l’avis d’un gamin du coin qui sautait en flèche sans une goutte d’éclaboussure. Ne sautez jamais du dix mètres à marée basse, le fond remonte dangereusement.

Sous les plongeoirs, l’eau est limpide et les rochers attirent des bancs de petits poissons chirurgiens. Prévoyez des chaussures aquatiques, les roches coupantes affleurent partout.

Lac Danao, kayak et nuisances à éviter

Le lac Danao, sur l’île de Pacijan, s’étend sur 148 hectares, ce qui en fait le plus grand lac naturel des Visayas. L’entrée coûte 50 pesos (0,80 €). J’y suis allé un dimanche, et j’ai regretté le choix du jour. Des familles entières posaient pour des selfies avec des singes attachés à des chaînes, une pratique que les autorités locales ferment les yeux mais qui m’a écœuré.

Mon conseil : louez un kayak pour 100 pesos et pagayez vers le centre du lac. Le calme revient au bout de cinq minutes. Les nénuphars géants bordent la rive est et le Mont Three Peaks se reflète dans l’eau à la lumière de fin d’après-midi. J’ai compté trois martins-pêcheurs en une heure de balade. Si vous voulez voir le lac sans la foule, venez un lundi matin.

Tulang Diot, l’îlot du nord à ne pas contourner

Tulang Diot est un îlot posé au nord de Pacijan, accessible en quinze minutes de banca depuis le village d’Esperanza. La traversée coûte 20 pesos par personne, soit 0,35 €. C’est dérisoire, et c’est sans doute le meilleur rapport qualité-prix de tout l’archipel. Le banc de sable qui émerge à marée basse s’étire sur deux cents mètres, et l’eau y prend une teinte turquoise que je n’ai retrouvée qu’aux Maldives sur une île locale. À marée haute, le snorkeling le long du tombant est excellent, avec des coraux durs en bonne santé et des tortues imbriquées qui broutent par trois mètres de fond.

Pas de restaurant, pas d’électricité sur Tulang Diot. J’ai apporté un pique-nique acheté le matin au marché de San Francisco et un masque. Certains pêcheurs proposent des balades pour suivre les poissons autour de l’îlot, comptez 1 000 pesos (17 €) pour une embarcation privée. C’est une somme pour le coin, mais vous serez seul sur l’eau.

Organiser sa virée en mer autour des quatre îles

J’ai passé une demi-journée en bateau avec un pêcheur d’Esperanza pour contourner Poro et longer la côte nord de Pacijan. Quatre heures de navigation, huit personnes maximum à bord, pour 4 500 pesos (77 €). On a mouillé devant une crique déserte sur Ponson, l’île la plus sauvage de l’archipel, et plongé dans une eau si claire qu’on voyait le sable onduler à dix mètres. Le pêcheur nous a cuisiné du poisson grillé sur un feu de coco, directement sur la plage.

Les sorties s’organisent directement sur place, sans réservation en ligne, souvent la veille pour le lendemain. Le prix inclut le carburant et le déjeuner. Si vous êtes deux, le coût par personne peut sembler élevé, mais pour un groupe de six ou huit, cela reste l’une des expériences les plus mémorables de l’archipel.

Manger local sans chichi ni gastro

La cuisine de Camotes est rustique, servie dans des paillotes les pieds dans le sable. J’ai mangé chez Pito’s Sutokil sur la plage au nord de Pacijan, un adobo de poulet relevé et une assiette de poisson grillé pour moins de 200 pesos (3,50 €). Le sutokil désigne la trilogie sugba (grillé), tola (soupe), kilaw (ceviche local) ; prenez les trois si vous avez faim.

Nena’s Grill, à deux pas, propose une cuisine similaire avec des fruits de mer pêchés le matin. À Santiago Bay, le Hidden Huts restaurant surplombe la plage et sert des plats corrects pour 250 à 400 pesos. Mais pour un coucher de soleil, c’est Masbas EcoBay qu’il faut viser : une terrasse en bois face à l’ouest, une bière San Miguel à la main, et le soleil qui plonge derrière l’île de Poro. J’y suis allé deux soirs de suite.

Se déplacer sur l’archipel sans perdre patience

Louer un scooter reste la meilleure option pour relier les sites sur Pacijan et Poro, reliées par un pont. J’ai payé 350 pesos par jour (6 €) dans une guesthouse de Santiago Bay, sans dépôt de passeport. L’essence coûte environ 65 pesos le litre et les stations sont rares dès qu’on quitte San Francisco ; faites le plein avant de partir. La route qui contourne Pacijan est en bon état, celle qui traverse l’intérieur de Poro est plus défoncée mais praticable.

Pour rejoindre Tulang Diot ou faire une virée en mer, passez par les pêcheurs d’Esperanza. Les bancas partent quand le client arrive, sans horaire fixe, un rafraîchissement après le trajet en scooter poussiéreux.

Combien de temps rester et quel budget prévoir

J’ai passé quatre jours complets sur place, et c’est la durée que je conseille. Deux jours permettent de voir les grottes, Santiago Bay et le lac, mais on passe à côté de Tulang Diot et de la virée en mer. Avec quatre jours, on prend le temps, on plonge, on retourne sur l’îlot du nord et on profite des couchers de soleil sans courir. Si vous avez voyagé léger aux itinéraire Malaisie sans stress, vous savez que ce genre d’archipel supporte mal la précipitation.

Côté budget, voici ce que j’ai dépensé par jour et par personne au premier trimestre 2026 :

Poste Prix local Équivalent €
Hébergement (moyenne gamme) 1 200 ₱ 20 €
Scooter + essence 450 ₱ 7,50 €
Repas (3 par jour) 600 ₱ 10 €
Activités (entrées + bateau) 500 ₱ 8,50 €
Total quotidien 2 750 ₱ 46 €

On peut descendre à 30 € par jour en dortoir et en limitant les sorties bateau, ou monter à 80 € en privatisant des bancas et en dormant dans un resort les pieds dans l’eau.

Questions fréquentes

Quand partir à Camotes pour avoir le meilleur climat ?

La saison sèche s’étend de décembre à mai. J’y étais en février, avec une eau à 28°C et un ciel dégagé chaque matin. Évitez la période d’octobre à novembre, où les typhons peuvent bloquer les ferrys et rendre les grottes inaccessibles à cause des crues.

Faut-il un permis international pour louer un scooter ?

Dans la pratique, les loueurs de Santiago Bay ne demandent qu’une pièce d’identité. Mais en cas de contrôle de police ou d’accident, un permis international est exigé par la loi philippine. Je l’avais sur moi et un contrôle à San Francisco l’a vérifié.

Y a-t-il des distributeurs de billets sur l’archipel ?

Un seul distributeur fonctionne de manière aléatoire à San Francisco, sur Pacijan. Il est souvent en panne ou à court de liquidités. Retirez assez d’argent à Cebu avant de prendre le ferry. La plupart des hébergements et restaurants n’acceptent que le cash.

Peut-on faire de la plongée sans certification ?

Oui, des baptêmes de plongée sont possibles avec les moniteurs locaux, notamment autour de Tulang Diot. Mais Camotes reste une destination pour plongeurs certifiés, avec peu de structures commerciales. Si vous cherchez une alternative avec plus d’écoles, Lombok propose des spots adaptés aux débutants sans l’usine touristique de Bali.

Camotes est-elle adaptée aux enfants ?

Tout à fait. Les plages de Santiago et Mangodlong sont protégées et peu profondes. Les grottes peuvent effrayer les plus jeunes dans les galeries sombres, mais Bukilat, avec son ouverture zénithale, reste lumineuse. Les Philippins adorent les enfants et vous trouverez toujours un coup de main pour porter votre matériel ou surveiller un baigneur.

Quelle carte SIM utiliser sur l’archipel ?

Globe et Smart captent correctement à Santiago Bay et San Francisco. Sur les plages nord de Pacijan et sur Poro, le signal devient très faible, voire nul. J’avais une eSIM Globe préchargée à Manille, elle m’a permis d’envoyer des messages depuis le port, mais pas depuis Tulang Diot. Si vous avez aimé voyager sans connexion permanente, l’île de Coron offre ce même délicieux isolement sur certains spots.

Y a-t-il des serpents ou des animaux dangereux ?

J’ai vu des serpents de mer rayés en snorkeling autour de Tulang Diot. Ils sont venimeux mais extrêmement pacifiques et ne mordent que si on les saisit. Sur terre, des varans traversent parfois les routes forestières de Poro. Rien d’agressif à condition de ne pas les approcher.

Le dernier soir, j’ai posé mon masque de plongée sur la table de Masbas EcoBay et regardé le soleil basculer derrière Poro. Une tortue était remontée respirer juste devant la terrasse, l’espace d’un souffle. Camotes ne ressemble pas aux cartes postales saturées d’El Nido ou de Boracay. C’est un archipel encore endormi, rugueux sur les bords, où l’on paie ses entrées de grottes en monnaie de poche. Mon seul conseil : n’attendez pas trop pour y poser vos palmes.