La première fois que j’ai posé le pied à l’aéroport d’Incheon, en avril 2025, j’avais un plan de trois semaines qui tenait sur une page A4 raturée. J’en suis revenu avec une certitude : la Corée du Sud se prête à un circuit fluide, sans temps mort, pour qui accepte de ne pas tout voir d’un coup. Je vous livre ici mon itinéraire Corée du Sud 3 semaines, celui que j’ai rodé et ajusté en repartant de Séoul, après avoir enchaîné KTX, bus côtiers et vol interne vers Jeju. Budget réel, distances, pièges évités, tout est daté et chiffré.
Quelle structure pour un itinéraire en Corée du Sud de 3 semaines ?
Trois semaines, c’est le format idéal pour traverser le pays du nord-ouest au sud sans galoper. J’ai testé deux trames. La première, que je détaille ci-dessous, inclut Jeju. La seconde, plus terrestre, remplace l’île par un crochet à Gwangju et Damyang. Mon itinéraire Corée du Sud 3 semaines repose sur six étapes majeures : Séoul, Gyeongju, Busan, Jeju, Jeonju, puis retour à Séoul avec des excursions alentour.
J’ai bâti cette boucle en partant de la capitale, en descendant vers le sud-est, en coupant par les airs vers Jeju, puis en remontant par l’ouest. C’est le schéma qui minimise les allers-retours inutiles. Un principe que j’applique aussi pour mes circuits au Cambodge – un itinéraire mal organisé peut gâcher la moitié du séjour.
Séoul et Suwon : les quatre premiers jours
Jours 1 et 2 : palais, hanok et vie nocturne
Mon premier matin, j’ai attaqué par le palais Gyeongbokgung, entrée à 3 000 wons (2,10 €), avec la relève de la garde à 10 h. Le site est gratuit si vous portez un hanbok, une astuce que les Coréens pratiquent en famille. Le village Bukchon est à dix minutes à pied, ses ruelles en pente abritent des maisons traditionnelles encore habitées. Je vous conseille d’y passer en semaine avant 9 h, sinon l’ambiance Instagram prend le dessus.
Le soir, j’ai rejoint Myeong-dong pour le street food : tteokbokki, hotteok, odeng. Comptez 8 000 à 12 000 wons (6 à 9 €) pour grignoter. Le deuxième jour, j’ai filé au quartier Insadong puis au temple Jogyesa, avant de grimper au mont Namsan à pied (40 min depuis Myeong-dong). La N Seoul Tower, à 236 m, offre une vue à 16 000 wons (11 €) si vous montez en haut.
Jour 3 : le Séoul contemporain
Direction Gangnam, le quartier des affaires et du luxe discret. Le COEX Mall abrite la Starfield Library, immense bibliothèque ouverte où j’ai vu des étudiants plongés dans des manuels à 22 h. Le temple Bongeunsa, juste en face, contraste avec les tours de verre. L’après-midi, j’ai exploré les ruelles de Hongdae, repaire étudiant où les cafés à thème et les boutiques vintage se succèdent.
Jour 4 : excursion à Suwon
Je suis parti de la gare de Séoul en train KTX (30 min, 8 400 wons, soit 6 €). La forteresse de Hwaseong, classée UNESCO, se parcourt à pied en 2 h 30 le long du rempart. Le billet d’entrée coûtait 1 000 wons en mars 2026. L’ascension jusqu’à la tour de commandement donne une vue nette sur la ville. J’ai déjeuné un galbi dans une ruelle proche du marché de Paldalmun : 11 000 wons (8 €). Retour à Séoul dans l’après-midi.
Gyeongju, deux jours dans l’ancien royaume Silla
Arrivée et temples bouddhiques
Le KTX depuis Séoul (2 h 15, 50 000 wons environ, 36 €) m’a déposé à Singyeongju en fin de matinée. Gyeongju est une ville à taille humaine où les tumuli royaux surgissent entre les habitations. J’ai passé l’après-midi au temple Bulguk-sa (entrée 5 000 wons, 3,50 €), chef-d’œuvre de l’architecture bouddhique Silla, puis à la grotte Seokguram qui domine la mer de l’Est. Les deux sites sont UNESCO. L’émotion du Bouddha de pierre, à 750 m d’altitude, vaut le détour.
Le parc des tumuli et le centre historique
Le lendemain matin, j’ai marché dans le parc Daereungwon (entrée 2 000 wons, 1,40 €) parmi les tombes royales. La tombe du Cheval Céleste est la seule ouverte à la visite. L’après-midi, le village de Yangdong, inscrit par l’UNESCO en 2010, offre un hameau traditionnel à 30 min de bus. Les habitants y vivent encore, certains proposent un thé ou des chambres d’hôte. J’ai dormi dans une guesthouse à 40 000 wons (28 €) près de la gare.
Busan, quatre jours de ville côtière et de reliefs
Jour 1 : Gamcheon et Jagalchi
Le train KTX Gyeongju-Busan prend 30 min (11 000 wons, 8 €). J’ai posé mon sac et suis monté au Gamcheon Culture Village, un labyrinthe de maisons colorées accrochées à la colline. Arrivez avant 10 h pour éviter la foule. À midi, le marché aux poissons de Jagalchi m’a permis de choisir un poisson frais et de le manger grillé à l’étage : 20 000 wons (14 €) pour un repas copieux.
Jour 2 : Haeundae et temple Haedong Yonggungsa
La plage de Haeundae s’étire sur 1,5 km. En avril, la température de l’eau reste fraîche, mais la promenade est superbe. Le temple Haedong Yonggungsa, perché sur des rochers au nord, offre un cadre rare pour un sanctuaire bouddhiste en bord de mer. J’y suis allé en bus 181 depuis la station Haeundae (40 min). Entrée gratuite.
Jour 3 : Seomyeon et la vie nocturne
Le centre de Busan bat au rythme de Seomyeon, où les enseignes lumineuses et les pojangmacha (tentes de street food) créent une ambiance électrique. J’y ai goûté le dwaeji gukbap, soupe de porc épaisse, à 9 000 wons (6,50 €). Les ruelles derrière le grand magasin Lotte regorgent de petits bars où le soju coule dès 19 h.
Jour 4 : excursion possible à Pohang
À 40 min en bus express, Pohang propose le village de pêcheurs de Guryongpo et le Hands of Harmony, une sculpture immergée dans la baie. Une demi-journée suffit. J’ai choisi de rester à Busan, mais l’option est valable pour souffler côté mer du Japon.
Jeju, l’île volcanique en cinq jours
J’ai réservé un vol Busan-Jeju avec Jeju Air : 45 000 wons (32 €) en tarif flexible. Départ à 8 h, arrivée à 9 h. Louer une voiture est indispensable sur l’île, car les bus sont rares en dehors des axes principaux. J’ai payé 38 000 wons par jour (27 €) chez Lotte Rent-a-car.
Jour 1 : Seongsan Ilchulbong
Le cône volcanique de Seongsan, à l’est, se gravit en 30 min. Entrée : 2 000 wons (1,40 €). L’ascension avant l’aube permet d’assister au lever du soleil sur le cratère. J’ai vu l’herbe jaunie par le vent et une mer satinée à perte de vue. L’UNESCO a inscrit ce site avec l’ensemble de l’île volcanique en 2007.
Jour 2 : Hallasan, le sommet de la Corée
Le parc national Hallasan culmine à 1 950 m. J’ai emprunté le sentier Seongpanak, le plus long (9,6 km aller) jusqu’au sommet, avec un départ à 6 h. Les 5 premières heures sont exigeantes, mais la vue sur le cratère Baekrokdam au sommet est une récompense brute. Redescente par le même chemin ou par Gwaneumsa pour les plus entraînés. J’ai croisé des corneilles noires et des chevreuils en chemin. Gratuit, réservation obligatoire en ligne.
Jour 3 : grotte Manjanggul et Cheonjeyeon
La grotte de Manjanggul (entrée 4 000 wons, 2,80 €) s’enfonce sur 1 km accessible au public. La température y tombe à 10 °C, prévoyez une veste. L’après-midi, les cascades de Cheonjeyeon, à Seogwipo, offrent trois chutes successives. L’eau était basse en septembre, mais le cadre reste végétal et frais.
Jours 4 et 5 : littoral et plages du sud-ouest
J’ai longé la côte sud-ouest jusqu’à la plage de Hyeopjae, à l’eau turquoise, et le parc de Hallim qui combine grottes et jardin botanique. Le marché de Seogwipo, le dernier jour, m’a permis d’acheter des mandarines séchées et du chocolat au hallabong. Budget hébergement sur Jeju : 55 000 wons (39 €) par nuit en guesthouse confortable.
Jeonju, deux jours de hanok et de saveurs
Vol retour Jeju-Séoul puis bus pour Jeonju (2 h 45, 14 000 wons, 10 €). Le village hanok de Jeonju compte plus de 800 maisons traditionnelles. J’ai dormi dans un hanok à 70 000 wons (50 €), avec chauffage au sol ondol et matelas posé sur le plancher chauffant.
La rue principale, Taejo-ro, concentre les échoppes de chocopies et les dégustations de makgeolli. J’ai suivi un cours de cuisine dans une petite école près de la cathédrale de Jeondong : 45 000 wons (32 €) pour apprendre à préparer un bibimbap comme il se doit. C’est ici que j’ai vraiment compris pourquoi Jeonju est classée « ville créative de la gastronomie » par l’UNESCO.
Retour à Séoul : quatre jours pour clore le voyage
Jour 1 : détente et quartier de Jongno
De retour à Séoul, j’ai pris le temps de flâner autour de la rivière Cheonggyecheon, restaurée au début des années 2000, et de visiter le palais Changdeokgung et son jardin secret (entrée 8 000 wons, 5,60 €, réservation conseillée).
Jour 2 : la DMZ ou le parc de Bukhansan
Pour la zone démilitarisée, j’ai choisi une excursion organisée au départ de Séoul, autour de 70 000 wons (50 €) par personne en demi-journée. L’accès en voiture personnelle est possible pour 3 000 wons (2,10 €), mais les formalités exigent un passeport et une réservation préalable. Si l’ambiance militaire ne vous tente pas, le parc national de Bukhansan offre des randonnées à 45 min de métro.
Jour 3 : excursion à Chuncheon ou sur l’île de Nami
Le métro + train ITX jusqu’à Chuncheon prend 1 h 10. La ville est connue pour son dakgalbi (poulet épicé grillé, 12 000 wons, 9 €). L’île de Nami, à 5 km au sud, attire pour ses allées bordées de séquoias. Entrée : 16 000 wons (11 €). En semaine, la pression touristique est acceptable.
Jour 4 : derniers achats et départ
J’ai consacré ma dernière matinée au marché de Namdaemun pour les souvenirs : épices, algues séchées, masques en tissu. Mon vol retour depuis Incheon, avec Asiana Airlines, a décollé à 14 h. Franchir la sécurité prend peu de temps, mais gardez 30 min pour récupérer la taxe détaxée si vous avez dépensé plus de 30 000 wons dans une boutique éligible.
Budget réel pour trois semaines en Corée du Sud (constaté T1 2026)
Voici les chiffres que j’ai relevés à la fin du séjour. Les écarts s’expliquent par le choix entre guesthouse et hôtel milieu de gamme, et par le nombre de restaurants.
| Poste | Dépense par personne | Remarque |
|---|---|---|
| Vol international A/R | 800 € | Paris-Incheon, réservé six mois avant |
| Vol interne Busan-Jeju | 32 € | Jeju Air |
| Transports terrestres | 195 € | KTX, bus, métros, carte T-money |
| Hébergement (19 nuits) | 665 € | Moyenne de 35 € par nuit en base double |
| Repas | 270 € | Environ 12,5 € par jour, un repas chaud midi et soir |
| Pocket WiFi (21 jours) | 31 € | Réservé en ligne, partageable à deux |
| Visites et entrées | 65 € | Palais, DMZ, Hallasan réservation, musées souvent gratuits |
| Total | 2 058 € | Sans souvenirs, avec choix sobres |
Avec un hôtel confortable et des restaurants plus assis, le budget grimpe autour de 2 600 €. J’ai rencontré des voyageurs qui s’en sortaient à 1 800 € en auberges et repas de rue.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour un itinéraire de 3 semaines en Corée du Sud ?
Pour un séjour touristique de moins de 90 jours, les ressortissants français n’ont pas besoin de visa. En revanche, l’autorisation K-ETA est obligatoire avant le départ. Elle coûte environ 7 € (10 000 wons) et se remplit en ligne. Mon approbation est arrivée en 24 heures en mars 2026. Votre passeport doit être valide six mois après la date de retour.
Quelle est la meilleure saison pour cet itinéraire ?
Fin septembre à mi-octobre offre un ciel limpide et des températures entre 15 et 25 °C. J’ai testé avril aussi, le printemps est frais et les cerisiers fleurissent autour du 3 au 10 avril à Séoul. Évitez juillet-août, chaud et humide, avec un risque de typhons surtout à Busan et Jeju. À l’automne 2025, j’ai eu une alerte typhon à Busan le 5 octobre, sans conséquence mais avec une journée grise.
Comment se déplacer sans parler coréen ?
Le réseau est pensé pour les non-coréanophones. Les annonces en métro et KTX sont faites en coréen, anglais, japonais et chinois. Les applications Naver Map ou KakaoMap sont plus précises que Google Maps, bridé en Corée. J’ai utilisé un Pocket WiFi à 1,5 € par jour, indispensable pour traduire les menus. Dans les zones rurales, un petit carnet avec des phrases en hangul dépanné bien. Ce type de préparation rappelle les astuces que je partage pour voyager sans parler un mot de la langue locale.
Est-ce que Jeju vaut vraiment le détour ?
Oui, si vous aimez les paysages volcaniques et la randonnée. L’île a sa propre identité, ses plages de sable blanc et ses haenyeo, les plongeuses en apnée. En revanche, si vous préférez un itinéraire 100 % terrestre, remplacez Jeju par la région de Gwangju, Damyang et Suncheon, avec la forêt de bambous et la baie de Suncheon. J’ai fait les deux options sur deux voyages distincts, et Jeju mérite trois à cinq jours pleins.
Combien de temps faut-il sur place pour la DMZ ?
Une excursion standard dure une demi-journée (départ 7 h, retour 13 h). Le site principal inclut la salle de réunion, le pont de la Liberté et le troisième tunnel. Réservez au moins 48 h à l’avance. Le tarif constaté en janvier 2026 chez un opérateur local était de 72 000 wons (51 €).
Peut-on se fier aux guides papier comme le Routard ou Michelin ?
Oui, le Routard et Michelin proposent des éditions récentes. Je les utilise pour les cartes générales et les repères historiques, mais je vérifie toujours les horaires en ligne car les musées gratuits changent parfois leurs jours de fermeture.
Quelles précautions pour les retraits d’argent ?
Les distributeurs acceptent les cartes Visa et Mastercard, mais pas toujours les cartes étrangères en dehors des banques (KB, Shinhan, Woori). Je retirais au guichet des supérettes 7-Eleven ou GS25, avec des frais de 3 500 wons (2,50 €). Le cash reste utile dans les marchés et pour recharger la carte T-money.
Cet itinéraire, je l’ai vécu sans encombre parce que j’ai renoncé à caser Andong, le temple Haeinsa et le parc Seoraksan dans la même boucle. Vingt et un jours, c’est suffisant pour sentir le pouls du pays sans s’éparpiller. Si je devais repartir demain, je passerais une nuit de plus à Gyeongju et je goûterais une autre soupe de pâte de soja fermentée à Jeonju. Partez avec un plan, mais lâchez-le une journée, juste pour voir où le bus vous mène.




