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Que faire au Sud Vietnam loin des circuits touristiques

En janvier dernier, j’ai posé mon sac à Ho Chi Minh-Ville avec une question simple en tête : par où commencer pour ne rien rater du Sud en deux semaines. La réponse n’a pas été aussi évidente que les brochures le laissent croire. Voici ce que j’ai appris sur le terrain, entre les temples cham, les marchés flottants et les îles où le temps semble suspendu.

À Ho Chi Minh-Ville, viser le quartier 1 puis s’en échapper vite

J’ai passé quatre nuits dans le quartier 1, près de la rue piétonne Nguyen Hue. L’effervescence est réelle, les néons aussi. Vous pouvez consacrer une journée entière à la marche entre l’Opéra, la cathédrale Notre-Dame et la poste centrale, sans jamais vous lasser des influences coloniales françaises. L’entrée du musée des vestiges de guerre est une claque nécessaire : 40 000 dongs, soit à peine 1,50 €. J’y suis resté trois heures, un nœud à l’estomac.

Dès le deuxième jour, je vous conseille de pousser vers le district 5 et le quartier chinois de Cho Lon. Les temples y sont plus vivants, les marchés moins aseptisés que celui de Ben Thanh, que j’ai trouvé trop calibré pour les touristes. Le soir, installez-vous sur un tabouret plastique dans une ruelle de Bui Vien, commandez un bánh mì à 25 000 dongs (0,95 €) et regardez la ville gronder. C’est ici que j’ai compris pourquoi on ne dort jamais vraiment à Saigon.

Les rooftops et la street food du district 4

Évitez les rooftops trop cités dans les guides. J’ai testé celui du Saigon Saigon pour un cocktail à 280 000 dongs (10,70 €, tarif T1 2026). La vue est belle, mais l’addition grimpe vite. À la place, traversez le pont pour rejoindre le district 4 autour de Vinh Khanh. C’est là que les Saigonnais mangent des fruits de mer grillés sur le trottoir, à des prix trois fois inférieurs.

Plonger dans les tunnels de Củ Chi et le passé souterrain

À 70 km au nord-ouest d’Ho Chi Minh-Ville, les tunnels de Củ Chi sont une excursion classique. J’ai réservé un circuit en petit groupe à 18 € par personne, départ à 7h du matin. La route prend presque deux heures avec le trafic. Sur place, ramper vingt mètres dans un boyau réduit à 80 cm de hauteur est vite oppressant, mais c’est exactement ce qu’il faut pour mesurer l’ingéniosité du réseau. Ne partez pas sans anti-moustiques, surtout entre mai et octobre, quand l’humidité explose.

Sillonner le delta du Mékong et ses marchés flottants

J’ai testé deux options. La première, une excursion d’un jour depuis Saigon vers Bến Tre, à 12 € avec déjeuner compris. C’est suffisant pour une première approche : balade en barque à travers les canaux étroits, visite d’une fabrique de bonbons à la noix de coco, arrêt dans un verger. Mais le rythme est rapide et vous ne voyez qu’une infime partie du delta.

La seconde, une descente plus lente sur deux jours jusqu’à Cần Thơ. C’est là que tout change. Le matin du deuxième jour, à 5h30, j’ai embarqué sur un sampan pour le marché flottant de Cái Răng. Vous avez peut-être déjà entendu parler de Cai Be ou Long Xuyen, mais Cái Răng reste le plus actif. Les bateaux chargés de pastèques hissent un échantillon sur une perche pour indiquer ce qu’ils vendent. J’y ai petit-déjeuné un bol de hủ tiếu (soupe de nouilles de riz) directement préparé sur une barque, pour 30 000 dongs (1,15 €). Un moment presque hors du temps.

Nuit chez l’habitant à Vĩnh Long

Si vous prolongez jusqu’à Vĩnh Long, cherchez un homestay sur l’île d’An Binh. J’ai payé 22 € la nuit en pension complète, repas de poisson-chat cuit au caramel inclus. La famille ne parlait pas un mot d’anglais, ma fille de dix ans faisait la traduction en riant. C’est probablement la soirée la plus authentique de tout mon séjour dans le sud du Vietnam.

Relâcher la pression sur les plages du littoral sud

Le sud ne se résume pas au Mékong. Entre Mui Ne et Nha Trang, le littoral offre de nombreuses options. À Mui Ne, j’ai loué un scooter pour 6 € la journée afin de relier les dunes de sable blanc et la fée stream. Les dunes le matin sont éclatantes, mais attendez-vous à voir des dizaines de 4×4 de tour operators déposer leur chargement.

Nha Trang, plus au nord, a un profil balnéaire plus urbain. La plage en pleine ville est propre, mais j’ai préféré prendre le bateau pour Hon Tam. Le snorkeling y est correct sans être spectaculaire. Ce qui m’a vraiment surpris, c’est le bain de boue à Tháp Bà. Ne riez pas. C’est 6 € l’entrée, et après vingt minutes dans cette eau tiède et minérale, ma peau n’avait jamais été aussi douce. Les tours cham de Po Nagar, à deux kilomètres, offrent une respiration culturelle avant de repartir le long de la côte.

Choisir entre Phu Quoc et Con Dao pour une île

Votre voyage dans le sud du Vietnam mérite une escale insulaire, mais choisissez en fonction de ce que vous attendez. J’ai passé trois nuits à Phu Quoc en décembre, sur la plage de Sao. Le sable est blanc, l’eau transparente, et les hamacs sont gratuits. Pour le snorkeling, une sortie à la journée au sud de l’île coûte environ 25 €. En revanche, le nord de Phu Quoc s’est transformé en un immense chantier hôtelier. Le contraste avec les photos d’il y a dix ans est violent. L’île est désormais accessible par vol direct depuis Saigon en une heure, ce qui la rend très fréquentée.

Con Dao, c’est l’inverse. J’y suis allé en mars 2026 et le tarif aérien aller-retour depuis Hô Chi Minh-Ville a grimpé à 140 €. Mais l’isolement transforme l’expérience. Les plages comme Dam Trau sont désertes en semaine. L’ancien bagne, vestige colonial français puis prison américaine, donne une profondeur historique rare à une destination balnéaire. Vous pouvez aussi observer les tortues marines pondre la nuit sur l’île de Bay Canh, encadré par le parc national. Hôtels et restaurants sont deux fois plus chers qu’ailleurs au Vietnam, mais le silence y est total.

Transport et traversées entre les îles

Pour relier les deux îles, il n’existe pas de ferry direct fréquent. Vous devrez transiter par Saigon. Phu Quoc et Con Dao ont chacune un aéroport domestique. Réservez vos vols tôt, surtout entre décembre et fin février, où les prix grimpent vite.

Remonter vers les hauts plateaux de Đà Lạt

Ce n’est pas la destination côtière typique du sud du Vietnam, mais j’ai poussé jusqu’à Đà Lạt en bus de nuit depuis Saigon, 8 heures et 12 € le billet. À 1 500 mètres d’altitude, la température oscille autour de 20°C en journée. J’y ai dormi trois nuits. Les cascades, le lac Xuân Hương et les serres de fleurs valent bien le détour si votre itinéraire de deux semaines a besoin d’une pause fraîcheur. Loger dans une ancienne villa coloniale rénovée m’a coûté 35 € la nuit.

Gérer la météo et éviter la saison des pluies

Je suis resté une fois trop tard dans le delta du Mékong, fin avril. Les orages éclatent en fin d’après-midi, les barques s’arrêtent et les marchés flottants se dispersent en quelques minutes. La meilleure période pour explorer le sud reste la saison sèche, de novembre à avril. Les températures en février oscillent entre 25 et 30°C facilement. À partir de mai, jusqu’en octobre, la pluie s’invite presque chaque jour. Cela rend certaines portions de route boueuses, en particulier autour de Con Dao ou dans les vergers du delta. Si vous partez à cette période, concentrez-vous sur les visites en matinée et prévoyez des temps de trajet plus longs. Pour mieux comprendre les périodes idéales en Asie du Sud-Est, j’explique la logique des saisons dans un autre article sur la planification.

Construire un itinéraire Sud Vietnam de 1, 2 ou 3 semaines

Avec une semaine seulement, concentrez-vous sur Saigon, Củ Chi et deux jours dans le delta. Le trajet Can Tho – Ho Chi Minh-Ville en bus prend quatre heures. Si vous avez deux semaines, ajoutez Phu Quoc ou Con Dao en fin de parcours. J’ai suivi ce rythme : trois nuits à Saigon, deux dans le Mékong, deux à Đà Lạt, trois à Phu Quoc, et retour par Saigon avec une dernière nuit avant le vol international. Le tout en bus, bateau et vols intérieurs, pour un budget total de 800 € hors vol long-courrier.

Sur trois semaines, vous pouvez descendre plus profondément dans le delta, dormir dans un monastère bouddhiste à Soc Trang si la règle de l’hébergement le permet, ou ajouter Mui Ne et Nha Trang. Le rythme devient plus lent, ce qui change tout dans la perception du pays. Une partie de cette lenteur rappelle ce que j’ai vécu sur les routes du Laos où la patience est aussi une clé.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour visiter le sud du Vietnam ?

La saison sèche, de novembre à avril, offre les conditions les plus agréables pour Ho Chi Minh-Ville, le delta du Mékong et les îles. Les pluies arrivent en mai et durent jusqu’en octobre, avec des averses souvent violentes mais courtes en fin de journée.

Combien de jours faut-il pour découvrir le delta du Mékong ?

Un minimum de deux jours avec une nuit à Can Tho permet d’assister au marché flottant de Cai Rang au lever du jour. Une excursion d’un jour depuis Saigon reste possible, mais vous ne ferez qu’effleurer l’expérience des canaux et des villages.

Phu Quoc ou Con Dao, quelle île choisir ?

Phu Quoc est plus facile d’accès, avec des vols fréquents et une offre hôtelière large. Con Dao est plus sauvage, plus chère et attire ceux qui cherchent le calme absolu et l’histoire du bagne. Le choix dépend de votre budget et de votre tolérance au monde.

Peut-on visiter les tunnels de Cu Chi sans guide ?

C’est possible en scooter ou en taxi, mais l’entrée inclut désormais presque toujours un guide local imposé. Le tarif avec un tour organisé depuis Saigon tourne autour de 15 à 20 € selon le transport.

Que manger absolument dans le sud du Vietnam ?

Le bánh mì de Saigon, le hủ tiếu sur les marchés flottants, le poisson au caramel du Mékong, les fruits de mer grillés du district 4 et le café glacé vietnamien sont à tester en priorité.

Faut-il un visa pour le Vietnam en 2026 ?

La réglementation évolue. En janvier 2026, les ressortissants français bénéficiaient d’une exemption de visa pour un séjour allant jusqu’à 45 jours. Vérifiez toujours le site officiel de l’immigration avant votre départ, car les durées peuvent changer.

J’ai rangé mon sac à dos à l’aéroport de Tan Son Nhat avec une certitude : le sud du Vietnam ne se laisse pas enfermer dans une liste d’attractions. L’énergie de Saigon, la texture boueuse des canaux du Mékong, le bruit des vagues à Con Dao et le goût sucré d’une mangue cueillie à Vĩnh Long forment une mosaïque qui m’a pris trois semaines à peine à assembler. Mon conseil : commencez par la ville, glissez vers le fleuve, offrez-vous une île, et gardez toujours une matinée pour un café glacé sur un trottoir au hasard. C’est là que vous pourrez comprendre ce que « que faire sud vietnam » veut vraiment dire.