que faire à majorque

Que faire à Majorque loin de la foule en été

Je me souviens encore de ma première arrivée à Majorque. J’avais loué une voiture pour rejoindre un petit hôtel près de Deià, persuadé que je connaissais déjà la Méditerranée. Quelle erreur. Dès le lendemain, en traversant les lacets de la Serra de Tramuntana, j’ai compris que cette île ne se résumait pas à ses plages de sable fin. Elle vous attrape par les sens, entre l’odeur des citronniers et la pierre blonde des villages. Si vous cherchez quoi faire à Majorque sans tomber dans les standards du tourisme balnéaire, je vais vous partager ce que j’ai testé, au prix réel et sans fard.

Palma, la vieille ville et la Seu à votre rythme

Je vous le dis tout de suite, poser vos valises et foncer vers la baie sans passer par Palma serait une faute. La capitale ne se survole pas. J’y suis retourné trois fois en quatre ans et, à chaque séjour, je découvre une ruelle où je n’avais jamais mis les pieds. La vieille ville se parcourt intégralement à pied. Comptez deux à trois heures rien que pour en saisir l’essentiel, sans même entrer dans un musée.

La Cathédrale, ou La Seu, reste le point de repère naturel. Sa façade gothique qui plonge presque dans la mer est une balise. J’ai payé mon billet 25 € en mars 2025 pour l’intérieur, mais si votre budget est serré, sachez que la contourner par le Parc de la Mar offre déjà une vision saisissante. C’est gratuit et le soir, la lumière est parfaite.

L’intérieur de la Seu et les bains arabes

L’intérieur mérite le détour pour une raison précise : Gaudí. Peu de gens savent qu’il a travaillé sur le chœur de la cathédrale au début du XXe siècle. J’ai mis dix minutes à comprendre le jeu de lumière autour du baldaquin. C’est moins spectaculaire que la Sagrada Familia, mais plus intime. Juste à côté, les bains arabes, en plein cœur du quartier gothique, coûtent 2,50 €. L’endroit est minuscule, visité en vingt minutes, mais la salle voûtée en brique, avec son jardin de citronniers, donne un instant de calme absolu juste derrière la rue Serra.

Musées gratuits et jours précis

Si votre voyage coïncide avec le début du mois, notez ceci : la Fundació Miró Mallorca est gratuite chaque premier dimanche. Je l’ai découvert par hasard un dimanche d’avril, sans avoir rien anticipé. L’atelier de Miró, laissé tel quel, m’a plus marqué que ses toiles. L’odeur de térébenthine semble encore flotter. De son côté, Es Baluard, le musée d’art moderne, ouvre gratuitement le mardi. Je l’ai visité un jour de pluie et, franchement, la terrasse avec vue sur le port vaut le détour même sans billet.

Palma, c’est aussi un bon point de chute pour planifier le reste de vos journées. Si vous logez dans les Baléares sans avoir encore défini votre base, jetez un œil à mes conseils pour privilégier un secteur vivant sans être une usine à touristes, ça vous évitera les mêmes écueils qu’à Palma.

Le train de Sóller et les villages de la Tramuntana

Le trajet en train de Sóller ne se raconte pas, il se vit. Départ de Palma, gare de la Plaça d’Espanya. Un matin d’octobre, je me suis calé dans un wagon en bois des années 1910, fenêtre ouverte. Les orangers défilaient, l’odeur sucrée entrait par à-coups. Le billet aller-retour coûtait 32 € en octobre 2025. Le train traverse la plaine puis attaque la montagne par une série de tunnels étroits. Vous passez du paysage urbain à la végétation dense de la Serra en vingt minutes.

À l’arrivée, Sóller mérite mieux qu’une glace sur la place. Montez à pied jusqu’au port par le chemin piétonnier qui longe la route. Il y a 4 km, autant dire une heure tranquille. L’alternative, c’est le tramway en bois, un peu cher pour ce que c’est, 9 € l’aller-retour, mais amusant si vous avez des enfants.

Valldemossa et Deià, les deux visages de la montagne

En voiture depuis Palma, Valldemossa se rejoint en vingt-cinq minutes. Parking à l’entrée, tarif environ 4 € pour la journée. J’ai visité la Chartreuse un matin de juin, avant la cohue. Chopin y a passé un hiver, George Sand l’a détesté. Le contraste est saisissant entre l’austérité du lieu et la nature luxuriante qui l’entoure. Comptez au moins une heure et demie sur place.

Plus haut, Deià reste mon refuge. Le village est minuscule, un éperon rocheux face à la mer. Passé 19 h, les cars repartis, le silence prend toute la place. Je m’arrête toujours au même bar, Sa Fonda, pour un café avant de redescendre vers la cala.

Les plages et criques à choisir selon la saison

À Majorque, toutes les plages ne se valent pas. Certaines sont des pièges à chaises longues hors de prix, d’autres des merveilles quasi inaccessibles. J’ai testé les deux extrêmes. Voici mon débrief.

Playa de Muro et baie d’Alcúdia, le nord serein

J’ai posé ma serviette à Playa de Muro en septembre. Eau à 26 °C, sable blanc, pinède en arrière-plan. L’endroit est long de 6 km, donc même en haute saison, vous trouvez un espace en marchant. Côté baie d’Alcúdia, l’eau est si peu profonde que vous marchez cinquante mètres avant d’avoir de l’eau à la taille. Parfait si vous avez de jeunes enfants. J’ai loué un paddle pour 15 € l’heure directement sur la plage. Les prix grimpent à 25 € l’heure en plein août, mais en septembre, la négociation est possible.

Caló des Moro et Cala Varques, les criques à mériter

Caló des Moro, je l’ai rejointe un matin à 7 h 30, en juin. Il faisait déjà chaud. Aucun parking légal à proximité. Je me suis garé à 800 mètres, et j’ai dévalé le sentier rocailleux. Résultat : une crique minuscule, eau turquoise, falaises grises. À 9 h, les premiers baigneurs arrivaient. Mon conseil : oubliez ce spot du 15 juillet au 25 août, sauf à l’aube. La surfréquentation est réelle.

Cala Varques, c’est une autre histoire. L’accès est volontairement compliqué. Pas de route goudronnée directe, un parking sauvage plein de trous, puis une marche de vingt-cinq minutes à travers les pins. J’y ai vu moins de vingt personnes un après-midi de mai. Le snorkeling est correct autour des rochers de droite, avec des bancs de saupes et parfois un poulpe solitaire. Prévoir masque, tuba et chaussons.

Le Cap de Formentor et ses règles à connaître

Le Cap de Formentor, c’est le cliché de Majorque. Et pour cause. J’y suis allé une première fois en juillet 2023, et je suis resté bloqué au mirador d’Es Colomer sans pouvoir monter au phare. À l’époque, je ne savais pas. Depuis, la réglementation s’est durcie.

La fermeture saisonnière expliquée simplement

Entre le 15 mai et le 15 octobre, la portion finale de la MA-2210 est fermée à la circulation de 10 h à 22 h. Cela signifie concrètement que si vous arrivez à 10 h 01, vous ne passerez pas. J’ai vu des voitures faire demi-tour en râlant. La solution, c’est de se garer au mirador d’Es Colomer puis de poursuivre à pied ou à vélo. Comptez 8 km pour rejoindre le phare, c’est faisable mais exposé au soleil. Prenez deux litres d’eau par personne, je ne plaisante pas. Le bus touristique reste l’option la plus simple, avec un billet autour de 8 € l’aller-retour depuis le parking.

Le panorama, lui, reste invariablement fort. La falaise plonge de 200 mètres dans une mer d’un bleu profond. Le vent souffle souvent fort, et même en juin, prévoir une veste légère évite de grelotter.

Les grottes de Porto Cristo et les activités de l’Est

La côte est de Majorque, je l’ai longtemps snobée. J’avais tort. La zone de Porto Cristo concentre des curiosités géologiques qui valent le détour, surtout si vous êtes coincé par un jour de vent ou de nuages bas.

Cuevas del Drach, le lac souterrain en musique

J’ai payé mon entrée 17 € en mai 2025. La visite dure une heure, en groupe, avec un guide qui parle anglais et espagnol. La descente sous terre impressionne par le volume des cavités. Le point culminant reste la traversée du lac Martel en barque, accompagnée d’un bref concert de musique classique. C’est touristique, oui, mais l’acoustique est parfaite. Après la visite, contrairement à ce que j’imaginais, vous ne pouvez pas vous baigner dans le lac. C’est interdit. Mais l’émotion est intacte.

Coves de Hams, le spectacle lumineux

Juste à côté, les Coves de Hams proposent une approche plus moderne, avec un jeu de lumières sur les concrétions. Le billet était à 15 € lors de mon passage. L’expérience est plus artificielle qu’aux Drach, mais les formes sont plus variées, en hameçons et en draperies fines.

Profitez-en pour visiter le port de Porto Cristo lui-même, authentique et sans prétention, avec des terrasses où le poisson grillé coûte encore 16 à 18 € le plat.

Activités nautiques et sorties en mer

Je ne suis pas un grand fan des excursions organisées, mais à Majorque, certaines sortent du lot. La baie de Palma et le nord autour d’Alcúdia sont les deux épicentres.

Croisières en catamaran et observation des dauphins

Au départ de Paguera, j’ai embarqué en septembre 2024 sur un catamaran de 20 mètres. Cinq heures en mer, deux baignades, repas correct inclus. J’ai payé 68 €. Nous avons croisé un groupe de grands dauphins à quarante minutes du port. Le pilote a coupé les moteurs, et les animaux ont joué dans l’étrave pendant vingt minutes. C’est aléatoire, j’en ai conscience, mais le taux de succès annoncé approche les 80 % selon les retours d’autres voyageurs.

À Alcúdia, j’ai testé une sortie jet-ski. 110 € les 60 minutes, tarif estival. L’instructeur nous a emmenés vers des criques inaccessibles depuis la terre. Sensations garanties, mais l’essence coûte cher et l’activité n’a rien d’écologique. À vous de juger.

Kayak et snorkeling le long des falaises

Ma meilleure journée en mer, je la dois à une location de kayak depuis Sant Elm. 35 € pour un double la demi-journée. Nous avons pagayé jusqu’à la réserve naturelle de l’île de Sa Dragonera. Eau cristalline, fonds sablonneux, quelques mérous curieux. L’avantage du kayak, c’est le silence. Pas de moteur, juste le clapotis.

Événements et périodes pour profiter sans surfréquentation

Je vais être franc : Majorque en août, je vous le déconseille si vous cherchez la tranquillité. Les prix des hôtels triplent à partir du 15 juillet, les criques sont saturées dès 10 h, et la chaleur écrase tout à partir de midi. Mon créneau préféré ? La première quinzaine de juin ou la seconde moitié de septembre. L’eau est encore chaude, les vols moins chers, et le rythme redevient respirable.

Le Mallorca Live Festival et la Saint-Jean

Mi-juin, le Mallorca Live Festival attire une foule jeune et branchée à Calvià. J’y suis passé rapidement, attiré par la programmation rock. L’ambiance est électrique, mais les hébergements autour se remplissent vite. Réservez au moins trois mois à l’avance.

La Saint-Jean, le 23 juin, est une autre affaire. J’étais à Port de Pollença ce soir-là. Feux sur la plage, musique jusqu’à tard, baignade à minuit. Pas besoin de billet, c’est gratuit, populaire et joyeusement bordélique. Les familles côtoient les groupes d’amis, et l’odeur de sardines grillées flotte partout.

La fête de la Vierge du Carmen en juillet

Si vous êtes sur l’île à la mi-juillet, les processions maritimes de la Vierge du Carmen valent le coup, notamment à Port d’Andratx et Port de Sóller. Les bateaux de pêche décorés de fleurs sortent en mer, les sirènes mugissent. C’est un moment assez solennel, très espagnol, qui change radicalement des ambiances de « plage-farniente » qu’on vend trop souvent.

Pour une approche plus familiale de l’archipel, je vous renvoie aussi vers mon expérience à Ibiza, où j’ai trouvé des coins parfaits avec des enfants, hors des clichés nocturnes. L’approche est la même : anticiper les foules et choisir son moment.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour découvrir Majorque sans trop de monde ?

Je recommande juin et septembre. L’eau est à bonne température, les vols sont moins chers qu’en plein été, et la pression touristique redescend nettement. Évitez la période du 15 juillet à fin août, où les tarifs peuvent tripler.

Peut-on visiter le phare de Formentor en voiture l’été ?

Non. Du 15 mai au 15 octobre, la route est fermée de 10 h à 22 h sur le dernier tronçon de la MA-2210. Il faut se garer au mirador d’Es Colomer et continuer à pied, à vélo ou en bus.

Quelles sont les criques à privilégier si l’on cherche le calme ?

J’ai trouvé Cala Varques idéale, du fait de son accès difficile à pied. Cala Mesquida est plus fréquentée mais reste supportable en semaine. Évitez Caló des Moro en pleine saison.

Y a-t-il des activités gratuites à Palma de Majorque ?

Oui, la vieille ville se visite à pied sans débourser un centime. L’extérieur de la cathédrale, le Parc de la Mar, ou les ruelles médiévales offrent une belle expérience. La Fundació Miró est gratuite le premier dimanche du mois.

Faut-il louer une voiture pour profiter de Majorque ?

C’est fortement conseillé pour explorer la Serra de Tramuntana et les criques de l’est. En revanche, à Palma, privilégiez le bus ou la marche. Regrouper les visites par zone géographique réduit les trajets.

Combien de temps faut-il pour visiter les grottes du Drach ?

La visite dure environ une heure, mais prévoyez une demi-heure supplémentaire pour vous garer, prendre votre billet et gérer l’attente. L’entrée, à 17 €, inclut la traversée du lac Martel et le concert de musique.

Je repars toujours de Majorque avec un petit pincement au cœur. Mon dernier séjour s’est terminé sur la route sinueuse qui redescend vers l’aéroport, fenêtre ouverte, avec les cyprès de la Tramuntana dans le rétroviseur. Si je devais vous donner un seul conseil, ce serait de vous lever tôt. Majorque se mérite à l’aube, quand les calanques sont encore vides et les villages silencieux. Le reste, les bruits, l’agitation, laissez-les aux autres.