Rome, la « Ville Éternelle », est un musée à ciel ouvert où chaque coin de rue respire l’Histoire. C’est une ville chaotique, passionnée et magnifique. Mais ne vous y trompez pas : derrière le romantisme de la fontaine de Trevi se cache une réalité urbaine parfois rugueuse.
Est-ce que Rome est dangereuse ? Non. Comme la plupart des capitales européennes, le risque d’agression physique violente est très faible.
Cependant, Rome détient un triste record : c’est l’une des capitales mondiales du pickpocketing. Le danger ici n’est pas de finir à l’hôpital, mais de finir au commissariat pour déclarer le vol de votre portefeuille ou de votre passeport.
Dans cet article, je vais vous guider à travers les quartiers à éviter à Rome, les zones où l’ambiance devient glauque la nuit, et les pièges à touristes qui peuvent transformer votre rêve italien en cauchemar logistique.
Les zones de vigilance : Gares et alentours
C’est une règle d’or en Europe qui s’applique parfaitement à Rome : les abords des grandes gares sont souvent les points noirs de la ville.
La Gare Termini et ses alentours (Via Marsala / Via Giolitti)
C’est le point névralgique de Rome, là où arrivent les trains de l’aéroport et le métro. Si l’intérieur de la gare est sécurisé (portiques, police, militaires), l’extérieur est une autre histoire.
Les rues qui longent la gare, notamment Via Marsala et Via Giolitti, changent de visage dès la tombée de la nuit.
C’est une zone de trafic, de sans-abris et de petite délinquance.
Pourquoi être vigilant ici :
- Insécurité ressentie : L’ambiance y est lourde, sale et bruyante.
- Pickpockets agressifs : Ils ciblent les touristes fatigués qui traînent leurs valises.
- Hôtels bon marché : Beaucoup de touristes logent ici pour le prix. Si c’est votre cas, ne traînez pas dans la rue le soir, rentrez directement.
Esquilino (Piazza Vittorio Emanuele II)
Situé juste au sud de la gare Termini, le quartier de l’Esquilino est le quartier multiculturel de Rome. C’est un endroit fascinant pour son marché et ses restaurants asiatiques, mais il a une réputation mitigée.
La nuit, la vaste Piazza Vittorio Emanuele II et ses arcades peuvent devenir le théâtre de rixes, de consommation d’alcool sur la voie publique et de trafics divers.
Ce n’est pas une zone de « non-droit », mais pour une famille ou une femme seule, l’ambiance y est souvent inconfortable et intimidante passé 22h.
Tiburtina et Ostiense (Les gares secondaires)
Moins connues que Termini, les gares de Tiburtina et Ostiense sont des hubs de transport importants. Comme pour Termini, les esplanades devant ces gares attirent une population marginalisée.
La nuit, ces zones sont désertes et mal éclairées. Si vous devez prendre un bus de nuit (Nocturnal) ou un train tôt le matin, restez vigilants et privilégiez l’attente à l’intérieur des halls éclairés ou prenez un taxi pour vous y rendre.
Les périphéries difficiles (Zones non touristiques)
Rome est immense. Au-delà du périphérique (le GRA), il existe des quartiers résidentiels difficiles où le taux de criminalité est plus élevé. Aucun guide touristique ne vous y emmènera, mais attention aux erreurs de réservation Airbnb.
Tor Bella Monaca
C’est sans doute le quartier qui a la plus mauvaise réputation de Rome. Situé à l’est de la ville, Tor Bella Monaca est connu pour être une plaque tournante du trafic de drogue tenu par la mafia locale.
Il n’y a absolument rien à voir ici. Si vous voyez un logement à prix cassé dans cette zone, fuyez. C’est une zone de tension sociale où un touriste sera immédiatement repéré.
San Basilio
Au nord-est, San Basilio est un autre quartier périphérique sensible. C’est une zone de grands ensembles (HLM) enclavée.
Les problèmes de délinquance y sont réels. C’est une zone purement résidentielle et populaire qui ne présente aucun intérêt pour un visiteur, et où la sécurité n’est pas garantie pour un étranger qui s’y perdrait.
Corviale
Célèbre pour son architecture brutaliste (un immeuble unique d’un kilomètre de long surnommé « Il Serpentone »), Corviale est une curiosité architecturale mais une catastrophe sociale.
C’est une zone isolée, mal desservie et parfois tendue. À moins d’être un étudiant en architecture accompagné d’un guide local, n’y allez pas pour « explorer ».
Les pièges à touristes (Le danger financier)
À Rome, le danger pour votre portefeuille est maximal… devant les monuments !
Le Vatican et les « Sauts de file »
Aux abords de la Place Saint-Pierre et des Musées du Vatican, vous serez harcelé par des vendeurs agressifs vous proposant des billets « Skip the line » (coupe-file).
- L’arnaque : Ils vous vendent des billets à prix d’or (parfois le triple du prix) qui sont parfois faux ou ne donnent pas les accès promis.
- Conseil : Achetez toujours vos billets sur le site officiel des mois à l’avance.
Le Colisée et les « Gladiateurs »
Devant le Colisée, des hommes déguisés en centurions ou gladiateurs vous proposeront une photo « sympa ».
Dès que la photo est prise, le sourire disparaît et ils exigent 50 ou 100 euros de manière très menaçante, vous encerclant parfois à plusieurs.
C’est illégal, mais ils sont toujours là. Refusez fermement toute photo.
Quartiers à visiter absolument (Zones sûres et magiques)
Heureusement, la grande majorité de Rome est un paradis. Voici où vous pouvez loger et flâner en toute sécurité.
Monti
C’est le quartier hipster et vintage de Rome, juste à côté du Colisée. Des rues pavées, du lierre sur les façades, des boutiques de créateurs et des bars à vin. L’ambiance est jeune, chic et très sûre, même tard le soir. C’est mon coup de cœur absolu.
Trastevere
De l’autre côté du Tibre, c’est le quartier de la vie nocturne. C’est très touristique, bruyant et bondé, mais c’est l’essence de la Rome festive. C’est sûr car il y a du monde partout jusqu’à 3h du matin. Attention juste aux pickpockets dans la foule compacte.
Prati
Près du Vatican, Prati est un quartier élégant, aux larges avenues haussmanniennes. C’est le quartier des avocats et des familles aisées. C’est calme, propre et extrêmement sécurisé. Parfait pour le shopping de luxe et les bons restaurants romains non touristiques.
Centro Storico (Panthéon / Navona)
C’est le cœur baroque. C’est sublime, piéton et très surveillé par la police (Carabinieri). Vous pouvez vous y promener à minuit en mangeant une glace sans aucune crainte, si ce n’est de payer votre café un peu trop cher.
Tableau récapitulatif des risques par zone
Voici une synthèse pour vous aider à choisir votre hôtel.
| Quartier / Zone | Niveau de Risque | Type de Menace Principale | Conseil de Sécurité |
| Gare Termini (Nuit) | 🔴 Élevé | Pickpockets, Toxicomanes, Glauque | Ne pas traîner via Marsala/Giolitti |
| Tor Bella Monaca | 🔴 Très Élevé | Criminalité, Drogue, Mafia | Zone interdite aux touristes |
| Esquilino (Nuit) | 🟠 Moyen | Insécurité ressentie, Rixes, Bruit | Rester sur les axes principaux |
| Bus 64 (Vatican) | 🟠 Moyen | Vols à la tire (Pickpockets pro) | Sac sur le ventre impératif |
| Colisée (Abords) | 🟡 Faible | Arnaques (Gladiateurs, Bracelets) | Ignorer les sollicitations |
| Monti / Prati | 🟢 Très Faible | Aucun majeur | Quartiers recommandés |
| Trastevere | 🟢 Faible | Vol (Foule), Bruit | Parfait pour sortir le soir |
Conclusion
Rome est une ville bruyante, désordonnée mais profondément attachante. Ne laissez pas la paranoïa des pickpockets gâcher votre plaisir.
La règle d’or à Rome est la suivante : la ville est sûre pour vous, mais dangereuse pour vos affaires.
Les quartiers à éviter à Rome sont essentiellement des zones périphériques où vous n’irez jamais. Dans le centre, le seul vrai « point noir » reste les abords immédiats de la Gare Termini la nuit. Si vous évitez d’y loger et que vous faites attention à votre sac dans le Bus 64 (le fameux bus des touristes vers le Vatican), votre séjour sera parfait.
Un dernier conseil d’expert : Rome se découvre à pied. Évitez les transports en commun bondés où sévissent les voleurs. En marchant, vous découvrirez des places cachées et vous serez… en sécurité.
FAQ sur la sécurité à Rome
Le métro de Rome est-il sûr ?
Oui, mais il est sale, tagué et souvent bondé. Les lignes A et B sont les terrains de chasse favoris des bandes de pickpockets (souvent des mineurs très habiles). Ne gardez jamais votre téléphone dans la poche arrière de votre jean et gardez votre sac à dos à la main dans les wagons.
Peut-on boire l’eau des fontaines ?
Absolument ! Les petites fontaines publiques (« Nasoni ») coulent en permanence. L’eau est fraîche, potable et gratuite. C’est même l’eau la plus sûre de la ville. Remplissez vos gourdes et évitez les vendeurs d’eau à la sauvette qui vendent des bouteilles réchauffées au soleil.
Les taxis romains sont-ils honnêtes ?
Ils ont une mauvaise réputation. Vérifiez toujours que le compteur est allumé au départ. Pour les trajets depuis les aéroports (Fiumicino/Ciampino), il existe des forfaits fixes imposés par la loi (environ 50€ pour le centre). Refusez tout chauffeur qui veut vous faire payer plus. Utilisez l’appli FreeNow ou Uber pour éviter les négos.
Comment traverser la rue à Rome ?
C’est une aventure ! Les passages piétons sont souvent ignorés par les scooters. La technique romaine : engagez-vous avec assurance et décision. Si vous hésitez, ils ne s’arrêteront pas. Si vous avancez franchement, ils vous éviteront. Établissez un contact visuel avec le conducteur.




